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Syrie: Poutine annonce la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Damas et l'opposition armée

Vladimir Poutine a annoncé ce jeudi la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Damas et l'opposition armée. Une nouvelle saluée de toutes parts à l'international.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé ce jeudi un accord de cessez-le-feu entre le régime syrien et l'opposition armée en Syrie, en proie à un conflit sanglant depuis 2011, ont rapporté les agences de presse russes. Une nouvelle qui intervient alors que doivent s'ouvrir des négociations de paix, en vertu d'un accord conclu sous l'égide de la Russie et de la Turquie, mais sans les Etats-Unis.

"Trois documents ont été signés: le premier est entre le gouvernement syrien et l'opposition armée sur le cessez-le-feu sur l'ensemble du territoire syrien", a déclaré le président russe.

Vladimir Poutine a également annoncé la "réduction" de la présence militaire russe en Syrie. Mais "nous allons absolument poursuivre la lutte contre le terrorisme international", a-t-il précisé.

Entrée en vigueur à minuit

Ce cessez-le-feu intervient une semaine exactement après la reprise totale d'Alep par le régime syrien, soutenu par son allié russe et par des combattants iraniens, irakiens et libanais. L'armée syrienne a confirmé qu'un cessez-le-feu total entrera en vigueur ce jeudi à minuit. La coalition de l'opposition a confirmé qu'elle soutenait cette initiative. 

Cet accord a été salué à l'international par Staffan de Mistura, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, qui a dit espérer qu'il "faciliterait l'apport d'aide humanitaire" dans le pays, ravagé par la guerre. Washington a également réagi, saluant de son côté une "évolution positive". 

"Les informations relatives à un cessez-le-feu dans la guerre civile en Syrie représentent une évolution positive (...). Tout effort pour arrêter la violence, épargner des vies et créer les conditions pour une reprise de négociations politiques constructives est le bienvenu", a réagi le porte-parole de la diplomatie américaine Mark Toner.

Réactions unanimes

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié quant à lui ce cessez-le-feu d'"opportunité historique" pour mettre fin au conflit. "Il faut à tout prix ne pas rater cette opportunité (...) C'est une opportunité historique", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Ankara retransmise à la télévision. Un terme repris quelques minutes plus tard par Damas, pour qui cette trêve est une "véritable opportunité" pour une solution politique dans le pays. 

Cet accord est intervenu à la suite de plusieurs semaines d'une intense activité diplomatique entre la Turquie et la Russie, dont la coopération sur le dossier syrien s'est renforcée. Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine se sont entretenus jeudi de cet accord et des préparatifs en vue d'un sommet réunissant l'opposition et le régime à Astana, au Kazakhstan, a indiqué l'agence de presse turque progouvernementale Anadolu.

Les groupes "terroristes" exclus de la trêve

La prochaine étape, selon Nicolas Hénin, journaliste spécialiste du Moyen-Orient interrogé sur BFMTV, sera désormais de s'assurer que la trêve soit respectée. "Il faudra réussir à marginaliser les groupes rebelles qui ne la respecteront pas", ajoute-t-il. 

Le président turc a d'ailleurs rappelé jeudi que les "organisations terroristes" étaient exclues du cessez-le-feu, ajoutant que l'offensive de la Turquie contre Daesh dans le nord de la Syrie se poursuivrait "avec la même détermination".
A.Mi avec AFP