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Situation stable à Fukushima, le risque demeure

Contrôle de réactivité d'une jeune femme évacuée de Fukushima. Le Japon est parvenu à stabiliser la situation à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi mais des premiers cas de contamination alimentaire, qualifiés de mineurs par les autorités, sont ven

Contrôle de réactivité d'une jeune femme évacuée de Fukushima. Le Japon est parvenu à stabiliser la situation à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi mais des premiers cas de contamination alimentaire, qualifiés de mineurs par les autorités, sont ven - -

par Taiga Uranaka et Yoko Nishikawa TOKYO (Reuters) - Le Japon est parvenu à stabiliser la situation à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi...

par Taiga Uranaka et Yoko Nishikawa

TOKYO (Reuters) - Le Japon est parvenu à stabiliser la situation à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi mais des premiers cas de contamination alimentaire, qualifiés de mineurs par les autorités, sont venus souligner les dangers relatifs à cet accident le plus grave depuis Tchernobyl en 1986.

Trois cents hommes se battent à l'intérieur d'une zone à haut risque pour empêcher une surchauffe des six réacteurs de la centrale n°1 (daiichi) de Fukushima, gravement endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars dont le dernier bilan officiel dépasse désormais les 20.000 morts et disparus.

Le réacteur n°3 a été arrosé pendant la moitié de la journée de samedi par des camions de pompiers, ce qui a permis de refroidir ses barres de combustible nucléaire surchauffées, a dit le gouvernement. Cette unité focalise les principales inquiétudes car elle contient du MOX, un combustible instable à base de plutonium.

Un câble électrique a par ailleurs été raccordé aux réacteurs n°1 et 2 et les techniciens espèrent pouvoir y rétablir le courant ce dimanche afin d'y rétablir les circuits de refroidissement. Ils tenteront ensuite la même opération pour les réacteurs n°3 et 4.

"Nous ne savons pas si les pompes à eau sont endommagées et si elles fonctionneront lorsque le courant sera rétabli", a toutefois souligné Graham Andrew, haut responsable de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Sur les réacteurs n°5 et 6, où les techniciens sont parvenus à relancer une pompe à eau grâce à des groupes électrogènes, l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) a déclaré que la température dans les piscines de refroidissement était retombée à un niveau quasi normal.

CONTAMINATION

"S'ils réussissent à relancer les infrastructures de refroidissement, cela constituera une étape significative en terme de stabilité", estime Eric Moore, spécialiste du nucléaire à Focal Point Consulting Group, basé aux Etats-Unis.

Mais l'AIEA a tenu à mettre en garde contre tout excès d'optimisme. "Quelque chose d'inattendu peut-il arriver ? Très certainement", a dit Graham Andrew.

"Il y a des risques que ça puisse empirer", a-t-il ajouté.

En cas d'échec, les autorités japonaises pourraient opter pour la solution de la dernière chance, le sarcophage. Utilisée à Tchernobyl il y a 25 ans, cette option consiste à enfouir la centrale sous du sable et du béton.

Le niveau de radioactivité dans l'air n'est pas dangereux en dehors de la centrale, qui est située à 240 km au nord de Tokyo, assure le gouvernement japonais. Mais les autorités sanitaires ont annoncé samedi, dans du lait et des épinards produits près de la centrale, des doses de radioactivité supérieures aux normes de sécurité.

À ce stade, des doses de radioactivité supérieures aux limites fixées par le gouvernement ont été détectées dans du lait produit dans une ferme de Fukushima, à une trentaine de kilomètres de la centrale, ainsi que dans des épinards cultivés dans la préfecture voisine d'Ibaraki.

Il s'agit des premiers cas connus de contamination par des résidus radioactifs mais, selon Yukio Edano, ces niveaux ne constituent pas une menace pour la santé humaine.

PLUS DE 20.000 MORTS ET DISPARUS

De l'iode radioactive en très faible quantité a également été détectée dans l'eau courante de Tokyo, dont sont partis la plupart des touristes et expatriés et où beaucoup d'habitants restent enfermés chez eux.

L'AIEA a souligné que la présence d'iode radioactive pouvait poser des problèmes de santé à court terme. Le gouvernement a recommandé aux personnes ayant évacué la zone située dans un rayon de 20 km autour de la centrale de prendre de l'iode stable.

Critiqué pour sa gestion de la catastrophe, le PDG de Tepco, Masataka Shimuzi a présenté ses excuses samedi. Les Japonais reprochent à l'opérateur de la centrale vieille de 40 ans d'avoir hésité trop longtemps avant d'arroser les réacteurs à l'eau de mer, ce qui les détériore de manière permanente.

La menace nucléaire a fait passer au second plan les tentatives de secours et de recherche des survivants du séisme de magnitude 9.0 sur l'échelle de Richter et du tsunami.

Le dernier bilan officiel est de 8.133 morts et 12.272 disparus, mais la police estime qu'il devrait s'élever à plus de 15.000 morts dans la seule préfecture de Miyagi, où se trouve le grand port de Sendai.

On compte aussi près de 340.000 sans-abri, dont de nombreuses personnes âgées, vivant dans des conditions précaires par des températures glaciales et contraintes au rationnement de l'eau, des vivres, des médicaments ou de l'essence. Environ 257.000 foyers sont toujours privés d'électricité dans le Nord et un million manquent d'eau courante.

Très critiqué dans sa gestion d'une catastrophe nationale sans précédent au Japon depuis la Deuxième Guerre mondiale, le Premier ministre Naoto Kan a proposé d'ouvrir son gouvernement à l'opposition pour sortir de la crise et faciliter la reconstruction du pays. L'offre a été rejetée par le Parti libéral démocrate (PLD).

Avec Nathan Layne, Kiyoshi Takenaka, Elaine Lies à Tokyo, Yoko Kubota et Chang-ran Kim à Rikuzentakata et Fredrik Dahl à Vienne; Clément Guillou et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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