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San Fermín de Pampelune: les taureaux, la fête et les dérives

Depuis jeudi et jusqu’au 14 juillet, les Fêtes de San Fermín battent leur plein. 2 millions de personnes se réunissent à Pampelune en Espagne pour l’occasion. Mais derrière l’ambiance festive, les dérives sont nombreuses.

L’Encierro, ces fameuses courses où les participants accompagnent sur plus de 800 mètres les taureaux vers les arènes. C’est le point d’orgue des Fêtes de San Fermín à Pampelune. La première a eu lieu ce vendredi matin. Et déjà, quelques blessés sont à déplorer.

Tous les ans, une foule d’espagnols et de touristes affluent pour prendre part à ces festivités créées dès le Moyen Âge en l’honneur de Saint Firmin, patron de la région. Depuis 1911, 15 personnes sont mortes lors de cette cavalcade, le dernier décès remontant à 2009. L’an dernier, 87 personnes avaient été blessées. Un bilan qui reste lourd, malgré les efforts en matière de prévention faits par la ville de Pampelune qui passe, pendant cette semaine de festivité, de 200.000 à 2 millions d’habitants.

"Des fêtes sans sang"

Autre difficulté, le traitement réservé aux animaux. La veille de l’ouverture de ces fêtes taurines, des militants anti-corridas ont pris coutume de se rassembler dans le centre-ville de la capitale de Navarre. Ils étaient une centaine cette année. Sous l’égide des associations Peta et AnimaNaturalis, ils ont manifesté à demi-nus et recouverts de sang artificiel pour réclamer "des fêtes sans sang".

"No es no!"

Une autre manifestation a vu le jour plus récemment. Brandissant des pancartes "No es no!" (Non, c’est non!), des milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville pour lutter contre les viols et les agressions sexuelles survenues en 2016 en marge de la feria. 15 personnes avaient alors été arrêtées pour attouchements ou agression sexuelles, catégorie qui, en Espagne, comprend les viols. Parmi les nombreuses plaintes d’alors, celle d’une Française de 22 ans. Pampelune a donc décidé de renforcer son protocole d’actions avec une police municipale formée pour traiter ce genre de plaintes ou l’installation dans le centre-ville d’un point d’information.

Chaque année, l’événement rapporte quelques 70 millions d’euros à la ville.

Boris Courret