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Réouverture des frontières, circulation entre régions: l'Italie poursuit son déconfinement

L'Italie espère attirer des touristes pour relancer son économie, très touchée par la pandémie de Covid-19. Mais ses voisins européens ne sont pas tous convaincus, et à l'intérieur du pays, des restrictions existent encore dans certaines régions.

L'Italie se déconfine progressivement depuis début mai. Dernière étape de cette levée des restrictions due à l'épidémie de coronavirus, les frontières rouvrent ce mercredi, et les Italiens sont de nouveau autorisés à se déplacer librement entre les régions, ce qui fait renaître l'espoir du secteur touristique. Le pays avait imposé un verrouillage économique début mars et doit à présent faire face à la plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

Jusque là, commerces, cafés et terrasses ont rouvert, de même que la grande majorité des monuments et sites touristiques: les gondoles peuvent voguer sur les canaux de Venise, les amoureux jouer les "Roméo et Juliette" sur le balcon de Vérone et, depuis lundi, le Colisée de Rome ou les Musées du Vatican accueillent à nouveau les visiteurs. Le gouvernement a toutefois déclaré qu'il se réservait le droit d'imposer des fermetures localisées en cas de reprise de l'épidémie.

  • Les frontières à nouveau ouvertes

Dans l'espoir de sauver son industrie touristique si importante pour son économie, l'Italie rouvre ce mercredi ses frontières aux touristes européens, sans restriction. Une file d'automobilistes a été observée par des journalistes de l'AFP à la frontière franco-italienne de Menton (Côte d'Azur) ce mercredi. Mais selon eux, davantage de gens tentaient d'entrer en France depuis l'Italie que l'inverse, et les contrôles côté français étaient très stricts.

Les sites touristiques, comme les hôteliers et les restaurateurs, craignent que les touristes ne soient pas au rendez-vous cette année. 90% des hôtels de Rome, la capitale du pays, sont restés fermés malgré l'assouplissement des mesures, a indiqué samedi le quotidien italien Corriere della Sera, leurs propriétaires estimant qu'il coûte trop cher de les rouvrir s'ils restent vides.

L'agence nationale du tourisme a déclaré que quelque 40% des Italiens se rendent habituellement à l'étranger pour leurs congés, mais qu'ils pourraient décider cette année de passer leurs vacances sur leurs terres, ce qui aiderait les entreprises locales.

  • Une partie des vols internationaux reprend

Les vols internationaux ne devraient eux reprendre ce mercredi que dans trois grandes villes: Milan, Rome et Naples. Mais le gouvernement craint que ceux qui viennent habituellement dans la péninsule depuis les pays voisins en voiture, train ou ferry ne choisissent d'autres destinations.

La Suisse a prévenu que ses citoyens qui se rendraient en Italie à partir de ce mercredi seraient soumis à des "mesures sanitaires" à leur retour. Elle ouvrira ses frontières avec l'Allemagne, la France et l'Autriche le 15 juin, mais pas avec l'Italie. Le 15 juin, l'Autriche lèvera ses restrictions avec plusieurs pays mais, là encore, pas avec l'Italie, que son ministre de la Santé a qualifiée la semaine dernière de "point chaud".

Ces mesures spécifiques à l'Italie ont poussé le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio à mettre en garde contre le fait de traiter son pays "comme un lépreux". Les personnes arrivant en Italie en provenance d'Europe ne seront, elles, pas tenues de s'isoler, à moins qu'elles n'aient récemment voyagé depuis un autre continent.

  • La circulation entre régions autorisée

Le gouvernement autorise aussi ce mercredi 3 juin la libre circulation entre les régions, mais les interdictions de grands rassemblements et l'obligation du port du masque dans les lieux clos et dans les transports publics demeurent.

"Des centaines de personnes ont afflué aux premières heures de la journée vers les embarcations de ferry à Messine, en Sicile", écrit ce mercredi le quotidien italien La Stampa, qui note également une "augmentation significative" du nombre de passagers à la gare de Milan et des files d'attente sur les autoroutes italiennes

Certains gouverneurs de régions ont toutefois maintenu des restrictions, avec notamment des contrôles avant d'entrer dans leur zone. Dans la région de Lazio "une ordonnance interdit à toute personne ayant plus de 37,5 fièvre d'entrer ou de se déplacer", explique le journal, et la province des Pouilles demande à tous les voyageurs entrant dans la région de s'enregistrer et de remplir un formulaire sur des symptômes possibles du coronavirus.

  • "La crise n'est pas terminée"
"La crise n'est pas terminée et les institutions comme les citoyens devront encore faire face à ses conséquences et ses traumatismes", a prévenu mardi le président italien Sergio Mattarella, qui a loué "l'unité" de son pays face à l'épidémie.

L'Italie déplore 33.500 morts en trois mois du Covid-19. Il s'agit du pire bilan mondial derrière les Etats-Unis (105.644 décès) et le Royaume-Uni (39.369). Les bilans quotidiens continuent toutefois de montrer une baisse de la contamination, et une épidémie semblant désormais maîtrisée.

Salomé Vincendon avec AFP