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Radioactivité en hausse dans la mer à Fukushima

Vue des vagues approchant la centrale de Fukushima-Daiichi quelques minutes après le tsunami du 11 mars. Le niveau de radioactivité a fortement augmenté dans la mer à proximité de la centrale où les techniciens s'employaient dimanche à pomper des flaques

Vue des vagues approchant la centrale de Fukushima-Daiichi quelques minutes après le tsunami du 11 mars. Le niveau de radioactivité a fortement augmenté dans la mer à proximité de la centrale où les techniciens s'employaient dimanche à pomper des flaques - -

par Yoko Kubota TOKYO (Reuters) - Le niveau de radioactivité a fortement augmenté dans la mer à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima où...

par Yoko Kubota

TOKYO (Reuters) - Le niveau de radioactivité a fortement augmenté dans la mer à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima où les techniciens s'employaient dimanche à pomper des flaques d'eau radioactive dans les bâtiments abritant trois des six réacteurs de la centrale.

Des analyses effectuées vendredi ont indiqué que le niveau d'iode 131 dans l'eau de mer à 30 km de la centrale était 1.250 fois supérieur à la normale, mais ce n'est pas jugé dangereux pour la vie marine ou la sécurité alimentaire, a déclaré l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle.

"Les courants océaniques disperseront les particules radioactives, de sorte que ce sera très dilué avant d'être absorbé par les poissons et les algues", a déclaré un responsable de l'Agence, Hidehiko Nishiyama.

En dépit de ces assurances, ces analyses risquent de renforcer les inquiétudes quant à l'innocuité des exportations alimentaires japonaises. Plusieurs pays ont déjà interdit le lait et les produits de régions proches de la centrale de Fukushima Daiichi et d'autres contrôlent étroitement les fruits de mer nippons.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pour sa part déclaré qu'il était temps de réexaminer le régime international de sûreté nucléaire.

Jeudi, trois techniciens ont souffert de brûlures après avoir été exposés dans le réacteur n°3 à un niveau de radioactivité 10.000 fois supérieur à celui mesuré d'ordinaire dans un réacteur.

Un responsable de Tokyo Electric Power Co (Tepco), exploitant de la centrale, a déclaré dimanche lors d'une conférence de presse que les experts devaient encore déterminer où évacuer l'eau contaminée pompée dans les bâtiments tandis que les techniciens s'employaient toujours à tenter de rétablir complètement le courant dans la centrale.

Tepco a fait savoir qu'il utilisait de l'eau douce et non plus de l'eau de mer pour refroidir une partie des réacteurs de crainte que des dépôts de sel entravent le processus de refroidissement.

SITUATION "LOIN D'ÊTRE RÉGLÉE"

Deux des six réacteurs sont maintenant considérés comme stabilisés mais les quatre autres, qui émettent par intermittence de la vapeur ou de la fumée, suscitent des inquiétudes.

L'agence de sûreté nucléaire a cependant déclaré samedi que la température et la pression étaient stabilisées dans tous les réacteurs.

Le gouvernement a néanmoins dit que la situation était loin d'être réglée, bien qu'elle ne se soit pas détériorée.

"Nous empêchons la situation de se détériorer - nous avons rétabli le courant et injecté de l'eau douce - et nous effectuons les étapes essentielles pour améliorer les choses, mais la vigilance reste de mise", a déclaré samedi Yukio Edano, secrétaire général du gouvernement japonais.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie atomique, Yukiya Amano, a prévenu que les efforts pour stabiliser les réacteurs accidentés à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars pourraient encore durer des semaines, si ce n'est des mois.

Amano a dit voir quelques "signes positifs" avec le rétablissement partiel de l'électricité dans la centrale. Mais tout en disant qu'il ne critiquait pas la réaction japonaise, il a ajouté que "davantage d'efforts devraient être faits pour mettre fin à l'accident".

Interviewé par téléphone par le New York Times, l'ancien diplomate nippon a déclaré que sa plus grande préoccupation portait sur les barres de combustible usagé placées dans des piscines ouvertes de refroidissement au sommet des bâtiments abritant les réacteurs.

Il a dit ne pas être certain que les efforts de projection d'eau de mer dans les piscines pour empêcher les barres de surchauffer et de dégager des matières radioactives en grande quantité avaient réussi.

Si les piscines sont remplies d'eau mais que les systèmes de refroidissement ne sont pas réparés, "la température va monter" laissant craindre de nouvelles émanations radioactives, a-t-il dit.

Avec Kiyoshi Takenaka, Chizu Nomiyama et Shinichi Saoshiro à Tokyo, Susan Cornwell à New York; Nicole Dupont pour le service français

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