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Quatre ans après sa signature, l'accord de Paris sur le climat est loin, très loin d'être respecté

L'Arc de Triomphe, au soir de la signature de l'accord de Paris le 4 novembre 2016.

L'Arc de Triomphe, au soir de la signature de l'accord de Paris le 4 novembre 2016. - PATRICK KOVARIK / AFP

Les trois quart des pays ayant signé l'accord de Paris en 2015 ne respectent pas leurs engagements d'après une étude.

Quatre ans après sa signature, l'accord de Paris sur le climat est-il vraiment respecté? La réponse est clairement non, à en croire une étude réalisée par l'ONG Fundacion Ecologica Universal (FEU), relayée mardi par le Guardian, après l'officialisation du retrait américain de l'accord. En regardant au cas par cas les objectifs fixés par chaque pays, la FEU a pu déterminer les "bons" et les "mauvais" élèves.

Et le résultat est aberrant. Sur 197 pays, 128 ne les respectent pas, dont des géants comme la Chine, les Etats-Unis ou l'Inde, qui figurent parmi les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, et 13 (dont la Russie, la Turquie, l'Iran...) ne se sont toujours pas engagés à l'heure actuelle. 

L'Europe isolée face à l'urgence climatique

Ils ne sont que 36 nations, selon l'étude, à respecter pour l'instant l'heure engagement, à l'image de la France et d'une grande partie des pays européens. La situation est plus contrastée dans 20 autres pays, dont le Canada, le Brésil ou l'Australie, qui doivent fournir plus d'efforts pour tenir le cap fixé à Paris.

La carte ci-dessous détaille les conclusions de la FEU, qui se basent sur plusieurs critères, notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L'Europe semble donc bien seule dans sa lutte dans contre le réchauffement climatique. Seul les Balkans et quelques Etats de l'est du continent (Géorgie, Biélorussie, Arménie...) y font figure de mauvais élèves aux yeux de la FEU.

Des émissions toujours en hausse

Quant à la Russie et la Turquie, les deux pays ne se sont pas encore engagés à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre (GES). Une décision qu'aurait probablement pris Donald Trump s'il avait été au pouvoir au moment de la ratification du texte en 2016.

Le président américain vient en effet de revenir sur la décision de son prédécesseur, Barack Obama, déclenchant officiellement en début de semaine le processus de retrait de l'accord de Paris - qui ne sera pas effectif avant le 4 novembre 2020. Un acte symbolique puisque dans les faits, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse aux Etats-Unis cette année, ce qui représente une première depuis 2005.

Bien qu'ils soient les premiers à avoir acté officiellement leur départ, les Etats-Unis sont loin d'être les seuls à bafouer complètement les principes négociés fin 2015. Comme le rappelle L'Express, les émissions de GES chinoises - qui représentent à elles seules un quart des émissions planétaires - ont augmenté de 80% entre 2005 et 2018. Mais le plus inquiétant est à venir car cette progression devrait durer au moins jusqu'en 2030.

L'hebdomadaire pointe également du doigt l'Inde - troisième plus gros émeutteur de GES au monde - dont les émissions ont évolué de 76% sur la même période. Elles aussi devraient progresser durant les dix prochaines années.

Louis Tanca