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Coronavirus: quand et comment le confinement pourra-t-il être levé?

Tokyo, au Japon, le 24 mars 2020.

Tokyo, au Japon, le 24 mars 2020. - KAZUHIRO NOGI / AFP

Selon Santé Publique France, la prolongation du confinement à plus de 15 jours sera "très vraisemblablement nécessaire". Cette méthode pour endiguer l'épidémie de coronavirus a fait ses preuves dans d'autres pays, notamment en Chine où le nombre de contaminés est tombé à zéro ce jeudi, et où les restrictions sont progressivement levées.

Depuis mardi midi, la France est soumise au confinement obligatoire pour 15 jours. Les sorties sont interdites, sauf en cas de nécessité d'acheter de la nourriture, de se rendre chez le médecin ou s'il y a impossibilité de télé-travailler. Le mot d'ordre est: "restez chez vous". Ces mesures drastiques doivent empêcher la propagation du nouveau coronavirus, qui a contaminé 9134 personnes et fait 264 morts en France selon les derniers chiffres diffusés mercredi soir.

La prolongation du confinement sera "très vraisemblablement nécessaire" a estimé ce jeudi sur Franceinfo Geneviève Chêne, directrice générale de l'agence sanitaire Santé publique France, précisant qu'il faudrait attendre "entre 2 et 4 semaines" pour observer un changement dans la dynamique de l'épidémie de coronavirus. A l'annonce du confinement, le gouvernement avait déjà prévenu que sans amélioration, la période de 15 jours pouvait être rallongée. La question est de savoir jusqu'à quand.

Un mois et demi de confinement en Chine

"En fait personne ne sait, on tâtonne, tout le monde tâtonne", explique au média Brut Philippe Juvin, chef du service des urgences à l'Hôpital européen Georges-Pompidou. "15 jours ça sera évidemment insuffisant, peut-être qu'un mois ou un mois et demi c'est plus raisonnable". En Chine "ils ont eu une diminution réelle du nombre de cas alors qu'ils étaient en situation épidémique extrêmement inquiétante. Ils ont eu des effets au bout d'un mois, un mois et demi de confinement", explique le médecin.

La Chine est en effet le premier pays à lever, petit à petit, ses mesures de quarantaine. Depuis quelques jours, le nombre de personnes contaminées a drastiquement diminué, et ce jeudi, pour la première fois depuis le début de l'épidémie, le ministère chinois de la Santé a annoncé zéro nouvelle contamination d'origine locale. De nombreuses routes ont rouvert récemment dans tout le pays, reliant ainsi des villes qui s'étaient complètement fermées, rapportait l'agence de presse chinoise Xinhua samedi.

Mais la province chinoise de Hubei et sa capitale Wuhan, d'où est partie l'épidémie, et où la grande majorité des malades étaient concentrée, restent encore coupées du monde. Le confinement dure toujours, bien que les restrictions aux déplacements ont été allégées le 14 mars pour les plus de 50 millions d'habitants. Cette zone de la Chine, où le plus grand nombre de cas a été recensé, est confinée depuis fin janvier.

Une quarantaine très stricte à Wuhan

"La première alarme a été donnée fin décembre, la ville a été mise en quarantaine le 23 janvier, et en quarantaine stricte à partir du 17 février", expliquait début mars sur BFMTV Philippe Klein, médecin chef de la clinique internationale de Wuhan. Mi-février, avant la quarantaine stricte, l'épidémie faisait plus de 100 morts par jour dans cette province et des milliers de contaminés. Le 14 février, 2420 nouveaux cas de contamination y avaient par exemple été détectés en une journée.

Un mois plus tard, le nombre de personnes infectées tombe à zéro, démontrant l'efficacité du confinement. Mais ce résultat est difficilement comparable à la situation actuelle en France: d'une part le nombre de personnes contaminées était bien plus élevé dans cette province chinoise qu'en France au moment des restrictions, d'autre part la quarantaine dans cette région y a été bien plus poussée que ce que l'on observe sur le territoire français pour le moment.

Depuis le 17 février, aucune sortie n'était autorisée pour les habitants, "pour se nourrir, un ravitaillement une fois par jour est organisé par les comités de quartier", selon un envoyé spécial de FranceInfo sur place ce lundi, qui expliquait que la ville était encore vide et à l'arrêt. De plus, "les autorités passent dans les appartements plusieurs fois par semaine pour prendre la température des habitants et éviter l’engorgement des hôpitaux".

Stagnation des cas en Italie, prolongement du confinement

"Le profil épidémique du coronavirus fait qu’il faut plusieurs jours pour que le virus s’arrête de circuler. En Italie, certains territoires ont constaté l’absence de nouveaux cas au bout de 8 à 12 jours", a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter ce mardi. "15 jours sont nécessaires a minima pour être capable de voir venir les choses et l'évolution de l'épidémie".

Le confinement en Italie - plus comparable à celui de la France -, a commencé le 8 mars dans le nord du pays, la zone italienne la plus touchée par l'épidémie, avant de s'étendre à tout le territoire le 10 mars. Un peu plus d'une semaine après le début de cette quarantaine, une stagnation du nombre de cas s'observe au niveau national, comme le relève le Journal Du Dimanche.

Toutefois la pandémie a tué 475 personnes en Italie entre mardi et mercredi, le pire bilan enregistré dans un seul pays en une journée, et encore 4000 nouveaux cas ont été comptabilisés dans le même temps. Ce jeudi le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a annoncé que les mesures de confinement prises depuis une semaine en Italie, pays d'Europe le plus durement touché par la pandémie, seraient "prolongées à leur échéance", le 3 avril.

Salomé Vincendon