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Propos obscènes de Donald Trump: son propre camp lui tourne le dos

Après la diffusion de propos obscènes tenus par le candidat à la maison Blanche, Donald Trump, de nombreux républicains condamnent leur représentant à l'élection présidentielle américaine.

"Quand vous êtes une star, (les femmes) vous laissent faire, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, les attraper par la chatte, faire ce que vous voulez", ces paroles obscènes, ce sont celles de Donald Trump, candidat républicain dans la course pour la maison Blanche. Des propos filmés en 2005, diffusés ce vendredi, créant un nouveau scandale dans la campagne américaine.

Si le milliardaire s'est excusé dans une vidéo publiée sur Facebook, estimant qu'il avait eu "tort" et que ces paroles ne le reflétaient pas, ses collègues du camp républicains ne semblent pas être prêts à passer l'éponge si facilement.

"Je suis écoeuré par ce que j'ai entendu aujourd'hui"

En premier, Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants du pays:

"Je suis écoeuré par ce que j'ai entendu aujourd'hui" a déclaré l'homme fort du Congrès, rappelant au passage que les femmes devaient être "défendues et admirées, pas traitées comme des objets".

En guise de représailles, Paul Ryan a tout bonnement annulé la venue du candidat Trump pour un meeting dans le Wisconsin dimanche. Pas de quoi effrayer le Donald qui s'est empressé de répondre qu'il serait représenté par son colistier Mike Pence lors de cet événement.

Mais Paul Ryan n'est pas le seul à avoir sorti les crocs à la suite de ce nouveau dérapage du candidat à la présidentielle qui a lieu dans un mois jour pour jour. Le président du parti, Reince Priebus, a également témoigné de sa consternation, de même que plusieurs élus républicains.

De nombreuses défections au sein de son propre camp

Ce n'est pas la première fois que les propos du candidat milliardaire suscite une vague d'indignation au sein de son propre parti. En juillet dernier, Trump avait critiqué le père d’un soldat américain musulman tué en Irak en 2004. Lors d'une convention démocrate, le père du soldat décédé avait vivement dénoncé les propos anti-musulmans de Donald Trump. Ce dernier avait alors insinué que l'épouse du père du soldat était restée silencieuse à la tribune car elle n'avait pas le droit de parler en tant que femme musulmane. 

Le président du parti, le président de la Chambre des représentants, ou encore des sénateurs, tous républicains, s'étaient alors offusqué des propos de Donald Trump.

"Trump se comporte comme s'il était encore aux primaires, quand il y avait 17 candidats", a déploré son allié Newt Gingrich sur la chaîne Fox Business. "Il faut qu'il fasse la transition et devienne un potentiel président des Etats-Unis, ce qui est un niveau beaucoup plus difficile".

A noter qu'après la fin des primaires républicaines, qui ont consacré Donald Trump en tant que candidat, les défections se sont multipliées. Plusieurs élus républicains sont allés jusqu'à annoncer qu'ils voteraient pour Hillary Clinton, dont l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Brent Scowcroft, et l'ancien secrétaire d'Etat adjoint du président George W. Bush, Richard Armitage.

Marine Henriot, avec AFP