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Pourra-t-on voyager en Europe cet été? Bruxelles veut rouvrir les frontières, les États plus prudents

Vacanciers au bord de la Mer du Nord en Allemagne.

Vacanciers au bord de la Mer du Nord en Allemagne. - PATRIK STOLLARZ / AFP

La Commission européenne présente ce mercredi ses recommandations pour une réouverture progressive des frontières des Etats européens en vue des vacances d'été. Mais les exécutifs européens n'ont pas la tête à se préparer à l'accueil des touristes et maintiennent les restrictions pour se prémunir d'une éventuelle seconde vague du coronavirus.

En temps normal, le temps des réservations battrait son plein en vue des vacances d'été. Cette année, bien entendu, tout est différent: le coronavirus, qui limite même grandement les déplacements à l'intérieur même de l'Hexagone et de ses régions, oblige à l'incertitude.

"On saura début juin", a eu beau rétorquer Emmanuel Macron, interrogé mardi dernier sur les contours possibles des congés estivaux des Français lors d'une interview télévisée, la question continue de flotter dans le vent: pourra-t-on partir et si, oui, pourra-t-on séjourner à l'étranger? Si les longs-courriers semblent exclus, le président de la République a paru ouvert à l'idée de voyages continentaux. 

"On va limiter les grands déplacements internationaux, même pendant les vacances d’été. On restera au moins entre Européens, peut-être en fonction de l’évolution de l’épidémie faudra-t-il réduire un peu plus", avait-il posé.

Les recommandations de la Commission européenne

Ce mercredi, la Commission européenne doit aller en ce sens en présentant ses propositions en faveur d'une réouverture progressive des frontières des différents États européens, a signalé l'AFP qui souligne qu'il ne s'agit que de simples recommandations de la part de l'exécutif européen, car il revient tout de même à la souveraineté des pays d'ouvrir ou non leurs frontières et de relever ou de maintenir les restrictions mises en place pour empêcher ou ralentir la circulation du virus sur leurs terres.

Le document conseille notamment de traiter de façon identique les pays se trouvant dans une situation sanitaire comparable et ayant mis en place des mesures similaires, citant par exemple l'hypothèse d'une réouverture des frontières autrichiennes avec l'Allemagne - Vienne a d'ailleurs indiqué que ce serait chose faite le 15 juin prochain. Le schéma européen inciterait alors les Autrichiens à faire de même avec les Tchèques si ceux-ci se situaient dans les mêmes clous. 

La Commission doit en outre demander aux États membres de prendre leurs décisions en se fondant sur une estimation sanitaire de la situation de chaque pays et le dialogue. Cette question du rétablissement de la liberté de mouvement au sein de l'espace Schengen est cruciale pour le tourisme européen, un secteur qui représente 10% du PIB de l'UE et 12% de l'emploi, selon les chiffres de l'AFP. 

Nos voisins se calfeutrent pour éviter une seconde vague 

C'est peut-être parce que nous sommes au printemps, mais le tourisme européen ne semble toutefois pas encore de saison, comme est venu nous le rappeler l'exemple de cet Américain renvoyé à Washington dimanche après s'être posé en Allemagne où réside sa petite amie et avoir tenté de se faire passer pour un membre du personnel de l'aéroport: les voyages touristiques sont pour l'heure en effet interdits en Allemagne, et ne sont autorisés que les voyages d'affaires ou pour des motifs impérieux. 

L'Allemagne, de même que ses voisins français, autrichien et suisse, ont "le clair objectif d'un retour d'une libre circulation en Europe à partir de la mi-juin", a déclaré le ministre de l'Intérieur allemand Horst Seehofer ce mercredi lors d'une conférence de presse.

S'il est encore trop tôt pour dire ce que l'été réserve à l'Espagne, force est de constater que les préoccupations madrilènes visent bien évidemment davantage à protéger les Espagnols d'une seconde vague qu'à préparer les villégiatures. Mardi, le gouvernement a ainsi décidé de l'instauration d'une quatorzaine pour toute personne, même de nationalité espagnole, arrivant depuis l'étranger entre le 15 (vendredi) et le 24 mai prochains. 

S'agissant d'un autre de nos voisins européens, l'Italie, particulièrement éprouvée par un virus qui a fait à ce jour 31.000 morts environ dans la péninsule, le Quai d'Orsay précise tout net sur son site: "il est désormais interdit de se rendre en Italie et de voyager à l’intérieur du pays - sauf quelques exceptions strictement encadrées."

Robin Verner