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Pékin menace Washington de "représailles" après la signature par Trump de la loi sur Hong Kong

Donald Tump à Austin, au Texas, le 20 novembre 2019

Donald Tump à Austin, au Texas, le 20 novembre 2019 - Mandel Ngan / POOL / AFP

Trump a promulgé ce mercredi une loi "sur la démocratie et les droits de l'homme à Hong Kong", qui menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l'ancienne colonie britannique si les droits des manifestants ne sont pas respectés.

La Chine dénonce une "abomination absolue" et menace Washington de représailles: Pékin a réagi avec colère ce jeudi à la promulgation par Donald Trump d'une loi soutenant les manifestations pro-démocratie à Hong Kong, en pleine guerre commerciale entre les deux pays. La résolution, approuvée la semaine dernière par le Congrès et promulguée ce mercredi par le président américain, "dissimule de sinistres intentions", avait auparavant dénoncé la diplomatie chinoise.

Le texte menace de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l'ancienne colonie britannique si les droits des manifestants ne sont pas respectés, avait été approuvée une semaine plus tôt à une écrasante majorité par le Congrès. Le Congrès a également approuvé une mesure interdisant la vente à la police hongkongaise de matériel destiné à réprimer les manifestations, promulguée elle aussi par Donald Trump.

La loi défend les droits des manifestants à Hong Kong

Pour la deuxième fois en l'espace de quatre jours, l'ambassadeur des Etats-Unis à Pékin, Terry Branstad, a été convoqué au ministère chinois des Affaires étrangères, qui a appelé Washington à "ne pas mettre en oeuvre" le texte incriminé.

Après pratiquement six mois d'agitation parfois violente dans l'ex-colonie britannique, le régime communiste accuse le texte de "soutenir effrontément les actes commis contre d'innocents citoyens qui ont été frappés, blessés et brûlés (...) par des criminels violents". Interrogé sur la convocation de Terry Branstad, un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis a déclaré à l'AFP que le Parti communiste au pouvoir en Chine devait "tenir sa promesse envers le peuple de Hong Kong, qui ne demande que la liberté".

Une crise diplomatique sur fond de guerre commerciale

Sur le front commercial, la question est de savoir si cette décision va mettre en péril les tractations délicates menées par Washington et Pékin. Les deux premières puissances mondiales se livrent depuis l'an dernier une guerre commerciale à coup de hausses de droits de douane.

Ces derniers jours, ils ont envoyé des signaux positifs quant à la conclusion avant la fin de l'année d'un accord commercial partiel, dit de "phase un". L'ancien magnat de l'immobilier new-yorkais a en tout cas toujours cherché à soigner ses relations avec son homologue chinois Xi Jinping.

Dans un communiqué justifiant sa décision, Donald Trump fait part de son "respect pour le président Xi (Jinping), la Chine et le peuple de Hong Kong". Signe de l'équation délicate dans laquelle il se trouvait, le 45e président des Etats-Unis était resté vague ces derniers jours sur ses intentions. Il avait d'un côté assuré être "avec" les manifestants pro-démocratie, tout en assurant avoir confiance en Xi Jinping pour résoudre la crise.

Hong Kong est lié à Washington par un statut économique spécial qui permet au territoire d'être exonéré des restrictions s'appliquant à la Chine continentale. Le texte conditionne le maintien de ce statut spécial à la validation annuelle par l'administration d'une situation jugée convenable en matière de respect des droits de la part des autorités hongkongaises.

Une manifestation prévue sur le thème de Thanksgiving

La révolte à Hong Kong a débuté en juin à la suite du rejet d'un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Au fil des mois, les manifestations et les actions sont devenues de plus en plus violentes. La police est entrée jeudi dans l'Université Polytechnique où des centaines de manifestants, assiégés par les forces de l'ordre, s'étaient retranchés pendant onze jours. Depuis, ils semblent avoir quitté le campus.

Dans les jours qui ont précédé les élections locales, qui se sont tenues dimanche et se sont soldées par une victoire écrasante des candidats pro-démocratie, le mouvement de contestation s'est apaisé. Il n'y pas eu depuis d'importantes manifestations. Mais les contestataires prévoyaient dans la soirée une manifestation sur le thème de Thanksgiving, la grande fête familiale américaine qui tombe ce jeudi, "en l'honneur de ceux qui soutiennent leur mouvement". 

J. G. avec AFP