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Yémen: l'ONU obtient une trêve dans des régions menacées par la famine

L'envoyé spécial de l'ONU, Martin Griffiths.

L'envoyé spécial de l'ONU, Martin Griffiths. - Jonathan NACKSTRAND / AFP

Jeudi, l'ONU a obtenu une trêve dans plusieurs régions yéménites dévastées et menacées par la famine.

L'ONU a obtenu jeudi une trêve dans plusieurs régions dévastées du Yémen, pays au bord de la famine, à l'issue de consultations de paix en Suède qui ont permis un accord âprement négocié entre belligérants.

Solution durable

Le secrétaire général, Antonio Guterres, et son envoyé spécial Martin Griffiths, cherchent une solution durable après quatre ans de guerre qui ont fait environ 10.000 morts et menacent jusqu'à 20 millions de personnes de famine, selon l'ONU.

Les médiateurs, qui ne nourrissaient que de maigres espoirs d'obtenir une percée, ont indiqué que les deux camps devaient se revoir fin janvier pour tenter de définir un cadre de négociation en vue d'un règlement politique.

En attendant, ces accords vont "améliorer la vie de millions de Yéménites", s'est félicité Antonio Guterres.

"Rôle-clé" de l'ONU

Un "cessez-le-feu" doit entrer en vigueur "dans les prochains jours" à Hodeida (ouest), port de la mer Rouge par où entre l'essentiel de l'aide dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, et où sévit selon l'ONU "la pire crise humanitaire du monde", prévoit l'accord.

Les forces gouvernementales, soutenues par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite sunnite, et les combattants Houthis appuyés par l'Iran chiite, doivent se retirer de la ville et du port. Celui-ci est contrôlé par les insurgés et subit les assauts de la coalition progouvernementale.

L'ONU jouera un "rôle-clé" dans le contrôle du port, a précisé Antonio Guterres lors d'une cérémonie en présence des deux délégations. Et selon une source onusienne, 30 observateurs de l'ONU pourraient être déployés dans la ville.

Poignée de mains symbolique

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Khaled al-Yémani, et le négociateur en chef des Houthis, Mohammed Abdelsalam, ont échangé à l'issue de la cérémonie une poignée de mains à forte portée symbolique.

Khaled al-Yémani a toutefois prévenu que l'accord sur le retrait de Hodeida restait "hypothétique" jusqu'à sa mise en oeuvre. "On attend de voir", a-t-il dit.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a salué l'accord conclu en Suède, qualifié de "premier pas crucial". "La paix est possible", a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite a apporté son "soutien déterminé" à l'accord, "un pas majeur" pour "parvenir à une solution politique", selon l'ambassadeur saoudien aux États-Unis, Khaled ben Salmane, frère du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Mais pour l'ONG Mercy Corps au Yémen, les accords annoncés jeudi soir "ne constituent qu'un petit pas". Ils seront jugés "à l'aune des actions prises sur le terrain, pas par des déclarations dans une salle de conférence".

Camouflet

À Washington, le Sénat américain a asséné jeudi un dur camouflet au président Donald Trump en approuvant une résolution qui interdit tout soutien militaire à l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen.

Cette résolution ne pourra pas être débattue à la Chambre des représentants avant janvier, et sera de toutes façons bloquée par un veto de Donald Trump, qui entretient de bonnes relations avec l'allié stratégique saoudien. Mais son approbation au Sénat témoigne de la colère des sénateurs, républicains comme démocrates, face à Ryad, provoquée par ce conflit meurtrier, ainsi que par le meurtre début octobre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, à l'intérieur du consulat de son pays à Istanbul.

B.L. avec AFP