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Le Parti des travailleurs du Kurdistan ou PKK, c'est quoi?

Alors qu'une trêve était en vigueur entre la Turquie et le PKK depuis 2013, celle-ci a récemment volé en éclat. Retour sur une organisation fondée au début des années 80, qui peine à renoncer à la lutte armée. 

Frappes aériennes, soldats tués en réponse puis arrestations… Finalement contrainte à s'engager activement dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), la Turquie en a profité pour s'attaquer aux rebelles kurdes. Conséquence, la fragile trêve en place depuis 2013 - après 30 ans de lutte violente - a volé en éclat. "Les conditions de maintien du cessez-le-feu ont été rompues (...) face à ces agressions, nous avons droit de nous défendre", ont déclaré les Forces de défense du peuple (HPG), l'aile militaire du PKK, dans une déclaration sur leur site internet.

> Formé en 1978, groupe armé dès 1984

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (Partiya Karkerên Kurdistan - PKK) a été formé en 1978 par Abdullah Öcalan dans l’intention de créer un Etat kurde indépendant. Depuis 1984, le PKK a entrepris une lutte armée contre la Turquie, et est actif en Syrie, Iran et Irak. Il revendique entre 7.000 et 8.000 hommes. L'organisation menait - mène?- des actions contre les autorités et les intérêts touristiques turcs, comme des attentats ou encore des enlèvements dans les stations balnéaires et centres commerciaux.

A l’origine, le parti visait l'indépendance du Sud-Est anatolien, à majorité kurde. Mais les exigences du groupe séparatiste ont évolué, passant du séparatisme complet pour les Kurdes à une "plus grande autonomie culturelle et politique", remarque une étude menée par une agence de l'ONU. 

> Le Kurdistan s'étend à quatre pays

Comme le montre la carte ci-dessous, les frontières du Kurdistan telles que revendiquées par le PKK s'étend sur quatre pays: Irak, Iran, Turquie et Syrie.

> La libération d'Ocalan comme revendication

Les rebelles réclament également l’amnistie pour ses militants emprisonnés ainsi que la libération de leur chef Abdullah Öcalan, détenu sur l'île-prison d'Imrali au nord-ouest de la Turquie, depuis son arrestation au Kenya en 1998 par les services secrets turcs, américains et israéliens.

Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne, les Etats-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada et la Nouvelle-Zélande. D'ailleurs, Washington a défendu dimanche le droit de la Turquie à frapper les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan.

> 150.000 Kurdes en France

En France, les Kurdes représentent une population de plus de 150.000 personnes avec une forte concentration en Ile-de-France, en Alsace, en Lorraine et dans les Bouches-du-Rhône, selon une étude de 2006 de Rusen Werdi, de l'Institut kurde de Paris.

En 2013, trois femmes proches du mouvement avaient d'ailleurs été exécutés à Paris.

S.A.