BFMTV

La Turquie et l'Union européenne, un feuilleton vieux de 50 ans

Les rangs socialistes et écologistes au Parlement européen lors d'un vote sur l'adhésion de la Turquie, le 15 décembre 2004 à Strasbourg.

Les rangs socialistes et écologistes au Parlement européen lors d'un vote sur l'adhésion de la Turquie, le 15 décembre 2004 à Strasbourg. - -

Alors que François Hollande est en visite officielle en Turquie, la question de l'adhésion du pays à l'UE est inévitablement revenue sur la table.

Le président turc, Abdullah Gül, l'a déclaré sans détour lundi à son homologue français François Hollande: son pays "attend de la France qu'elle n'apporte pas de blocage de politique" au processus d'adhésion de la Turquie. Le président français, prudent, a de son côté promis que les Français seraient "consultés" sur la question. Retour sur les grandes étapes d'une intégration difficile.

> 1963, la première approche

Les espérances de la Turquie d'intégrer l'Union européenne ne sont pas nouvelles. A l'époque où le pays a déposé sa première demande d'adhésion, en 1987, l'Europe unifiée s'appelait encore Communauté européenne. Mais son désir d'intégrer la communauté est bien plus ancien: en signant les accords d'Ankara, en septembre 1963, elle s'était déjà rapprochée des six Etats fondateurs de la CEE.

> 1999, la Turquie officiellement candidate

Dès le début, le processus ne s'annonce pas aisé. En décembre 1989, la Commission européenne estime la candidature turque légitime, tout en rendant un avis négatif sur une ouverture immédiate des négociations. Les raisons invoquées étaient multiples: en priorité, le contexte économique et politique du pays et sa non-reconnaissance de la république de Chypre, île dont la Turquie occupe toujours la partie Nord.

Le statut de pays candidat ne sera accordé au pays qu'une décennie plus tard, en décembre 1999. Deux ans plus tôt, le Conseil européen a retoqué de fait la candidature turque, préférant privilégier les négociations avec Chypre, la Hongrie, la Pologne, l'Estonie, la République tchèque et la Slovénie.

> 2005, l'année des efforts turcs

Au début des années 2000, le pays ne lésine pas pour tenter de mettre sa législation en conformité avec les critères de Copenhague en matière de droits de l'Homme, l'un des principaux points qui bloquent. La peine de mort est abolie et un nouveau code pénal, conforme aux exigences de l'UE, entre en vigueur en 2005.

En 2004, la Commission reconnaît ainsi que la Turquie "satisfait suffisamment aux critères politiques de Copenhague", et le Conseil des ministres ouvre enfin les négociations d’adhésion.

> 2006, l'UE ferme de nouveau sa porte

Mais en septembre 2006, le Parlement européen vote un rapport sur les progrès effectués par la Turquie dans sa préparation à l’adhésion. Encore insuffisants sur la liberté d'expression, les droits des minorités, la violence faite aux femmes et la corruption, estime-t-il. Deux mois plus tard, la Commission européenne publie un rapport critique sur les progrès effectués par la Turquie.

> 2023, l'ultimatum d'Erdogan

Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie ont intégré l'UE en 2004. Ces pays sont rejoints en 2007 par la Bulgarie et la Roumanie. Lassé, le Premier ministre turc Reccep Tayyip Erdogan déclare en octobre 2012 que "l'UE perdra la Turquie si elle ne l'accepte pas d’ici 2023".

M. T.