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Syrie: l'UE lève l'embargo sur les armes destinées aux rebelles

Un rebelle syrien à Damas, le 25 mai 2013.

Un rebelle syrien à Damas, le 25 mai 2013. - -

Les 27 sont tombés d'accord sur une levée de l'embargo sur les armes pour les rebelles syriens, lundi soir, à Bruxelles, alors que des journalistes du Monde ont témoigné de l'utilisation d'armes chimiques sur place par les forces de Bachar al-Assad, dans un article publié le même jour.

Un accord à l'arrachée. Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé, lundi soir, à Bruxelles, de lever l'embargo sur les armes pour les rebelles syriens. Cependant, aucun pays n'a l'intention d'en envoyer dans les deux prochains mois afin de ne pas mettre en danger l'initiative de paix russo-américaine, alors que la guerre fait rage sur le terrain.

"L'UE a décidé de mettre fin à l'embargo sur les armes pour l'opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien", prises il y a deux ans, a ainsi annoncé le ministre britannique William Hague, en milieu de nuit, à l'issue d'une réunion marathon.

Pas de livraison avant le milieu de l'été

Mais dans les faits, elle ne devrait rien changer pour les rebelles qui font face à l'offensive de l'armée syrienne, en particulier autour de la ville stratégique de Qousseir (centre).

Car les 27 "se sont engagés à s'abstenir d'exporter des armes à ce stade et, en tout état de cause, à appliquer un certain nombre de critères stricts à d'éventuelles exportations futures", a expliqué le ministre luxembourgeois Jean Asselborn.

"C'est une levée théorique de l'embargo. Concrètement, il n'y aura pas de décision de livraison avant au minimum le 1er août", a de son côté indiqué un haut responsable français, ayant requis l'anonymat.

Ce délai devrait permettre aux ministres de "réexaminer" leur position et de dresser un premier bilan de la conférence internationale "Genève 2" prévue en juin, à l'initiative des Etats-Unis et de la Russie.

Nécessité d'une conférence de paix

L'organisation d'une telle conférence de paix sur la Syrie ne sera "pas une mince affaire", a prévenu lundi soir le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, à l'issue d'un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry.

Sergueï Lavrov et John Kerry, dont c'est la 6e rencontre depuis la prise de fonction de John Kerry en février, venaient de s'entretenir dans un grand hôtel parisien pour discuter de la date d'une conférence de paix et des représentants de l'opposition syrienne et du régime du président Bachar al-Assad qui y participeraient.

"Comme l'a dit John, nous nous sommes avant tout concentrés sur la nécessité de déterminer la liste des participants du côté syrien, le groupe du gouvernement et celui de l'opposition, comme nous en avions parlé à Moscou", a expliqué Segueï Lavrov.

L'opposition syrienne présente à Genève 2?

Si Damas a donné son "accord de principe" pour participer à "Genève 2", l'opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée et ne s'est pas encore prononcé sur sa présence. Les négociations se poursuivaient lundi soir sans signe de progrès, selon un membre de la Coalition syrienne.

Le ministre russe des Affaires étrangères a souligné que la conférence de paix pourrait être "élargie pour inclure tous les acteurs clefs", dans la région. Moscou souhaite de longue date que l'Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Analyse d'échantillons de gaz

La France va analyser les échantillons de potentielles armes chimiques rapportés de Syrie par des journalistes du quotidien français Le Monde, a annoncé mardi un haut responsable français sous couvert de l'anonymat.

Deux envoyés spéciaux du Monde, présents en Syrie en avril et mai, ont témoigné lundi dans le quotidien français de l'utilisation d'armes toxiques contre les forces rebelles qui tiennent les faubourgs de Damas.

L'utilisation d'armes chimiques fait l'objet de soupçons depuis déjà quelques semaines dans plusieurs endroits de Syrie, mais n'a pas été formellement prouvée.

L'ONU demande en vain à Damas de laisser ses experts enquêter sur les accusations réciproques adressées par le pouvoir et l'opposition concernant le recours à ces armes.


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A.S. avec AFP et Mélanie Vecchio