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Syrie: "Le Monde" témoin de l'utilisation d'armes chimiques

Un rebelle syrien portant un masque à gaz sur le front de Jobar, quartier aux portes de Damas

Un rebelle syrien portant un masque à gaz sur le front de Jobar, quartier aux portes de Damas - -

Deux journalistes du quotidien "ont été témoins plusieurs jours d'affilée" d'utilisation d'explosifs chimiques sur les combattants près de Damas.

Alors que le régime de Bachar al-Assad nie avoir recours à des armes chimiques, deux envoyés spéciaux du journal Le Monde en Syrie, affirment avoir été témoins de leur utilisation sur le front de Jobar (à la sortie de Damas) contre les forces rebelles, apprend-on dans un récit publié lundi sur son site.

Le 13 avril, le photographe Laurent Van der Stockt a ainsi vu les combattants "commencer à tousser, puis mettre leurs masques à gaz, sans hâte apparemment, mais en réalité déjà exposés. Des hommes s'accroupissent, suffoquent, vomissent".

Les journalistes ont aussi recueilli des témoignages de l'utilisation de ces produits "dans une couronne beaucoup plus large" autour de la capitale syrienne.

Des prélèvements en cours

Sur la vidéo tournée par Laurent Van der Stock, des combattants et des médecins racontent les symptômes provoqués par ces produits: difficultés respiratoires, maux de tête, pupilles contractées, nausées... "Si on ne les traite pas immédiatement, c'est la mort", témoigne sous couvert d'anonymat un médecin de l'hôpital Al-Fateh de Kaffer Battna, dans zone rebelle de la région de la Ghoutta, aux portes de Damas.

Un certain nombre de prélèvements ont été effectués (sur les victimes) et sont en cours d'étude, rapportent les médecins.

"Les gaz utilisés sur les fronts le sont de manière ponctuelle, évitant des épandages massifs qui constitueraient facilement des preuves irréfutables", écrit le reporter Jean-Philippe Rémy.

Le régime syrien nie l'utilisation d'armes chimiques.

Des gaz pour "brouiller les pistes"

L'article cite aussi "une source occidentale bien informée" selon laquelle le pouvoir syrien a recours "à des mélanges de produits, notamment avec des gaz anti-émeutes (lacrymogènes) pour brouiller les pistes et l'observation des symptômes".

L'ONU a une nouvelle fois appelé mercredi Damas à laisser ses experts enquêter en Syrie sur les armes chimiques, faisant état d'"informations de plus en plus nombreuses" sur l'utilisation de ces armes dans le conflit.

En attendant un feu vert de Damas, les enquêteurs de l'ONU en sont réduits à recueillir les informations disponibles en dehors de la Syrie, notamment en contactant des médecins et des réfugiés dans les pays voisins.


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M.G. avec AFP