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Syrie: énième réunion à l'ONU après un week-end meurtrier à Alep

Après des discussions vaines cette semaine à l'ONU, les pays occidentaux tentent une nouvelle fois de faire respecter un accord de cessez-le-feu au régime Assad. Ces derniers jours, l'armée du régime et les forces russes bombardent sans cesse les quartiers rebelles d'Alep.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France veulent tenter de stopper la Russie et le régime de Bachar al-Assad. Depuis lundi, les deux forces bombardent Alep sans relâche pour faire tomber les quartiers rebelles de la ville. En trois jours, les bombardements ont fait au moins 115 morts, selon l'OSDH (Observatoire syrien des droits l'Homme).

Les habitants en huis clos

Les quelque 250.000 habitants sont privés d'eau courante et les secouristes peinent à venir en aide aux blessés. Ils ne reçoivent plus d'aide de l'extérieur depuis pratiquement deux mois.

Ahmad Hajjar, un habitant du quartier rebelle d'Al-Kallassé, déplore auprès de l'AFP: 

"Toute la nuit, les bombardements n'ont pas cessé. Je n'ai pas fermé l'oeil jusqu'à 4h du matin". 

Il raconte que sa rue est jonchée de "bombes à sous-munition" qui n'ont pas explosé. "Un voisin a été tuée par l'une d'entre elles. Je l'ai vu trébucher sur elle, elle a explosé et l'a déchiqueté. C'était une scène horrible", détaille l'homme de 62 ans. 

"Crimes de guerre"

Du côté diplomatique, la communauté internationale a tenté, toute la semaine, de faire respecter un accord de cessez-le-feu avec la Russie. Si les négociations n'ont pas abouti, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France se réunissaient à nouveau ce dimanche pour tenter d'épargner ce qu'il reste des quartiers rebelles d'Alep.

Jean-Marc Ayrault a appelé les soutiens au régime d'Assad, la Russie et l'Iran, "à se ressaisir et à faire preuve de responsabilité en mettant un coup d'arrêt à cette stratégie qui conduit à l'impasse". "Sinon, la Russie et l'Iran seront complices des crimes de guerre commis à Alep", menace le ministre des Affaires étrangères français. 

L'objectif des pays occidentaux est de rétablir un cessez-le-feu prévu par un accord américano-russe, pour permettre un "accès de la population à l'aide humanitaire", poursuit Jean-Marc Ayrault. L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a lui aussi dénoncé "des violations flagrantes des lois internationales" à Alep et évoqué la possibilité de recourir à la saisine de la Cour pénale internationale.

Mardi, un raid aérien a visé un convoi humanitaire qui devait se rendre dans la province d'Alep. 12 humanitaires du Croissant rouge et de conducteurs de camions sont morts.

Mélanie Longuet avec AFP