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Genève II: un représentant du régime syrien s'en prend à la France

Le négociateur du régime de Damas, Faycal Moqdad, vendredi 24 janvier, à Genève.

Le négociateur du régime de Damas, Faycal Moqdad, vendredi 24 janvier, à Genève. - -

Les négociations de paix entre pouvoir syrien et opposition semblaient mal engagées, vendredi à Genève, où l'opposition a refusé de s'asseoir à la même table que son ennemi, au premier jour des discussions.

Alors que les négociations de paix entre représentants de l'opposition et du pouvoir syriens qui se tiennent ce vendredi à Genève, semblent se diriger vers un échec, un négociateur du régime de Damas s'en est pris à la France et au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, au micro de BFMTV.

Les représentants du régime menacent de se retirer

L'émissaire de l'ONU pour le conflit syrien, Lakhdar Brahimi, souhaitait réunir autour de la même table émissaires du président Bachar al-Assad et membres de l'opposition en exil, à 11 heures ce vendredi matin.

Mais l'opposition a refusé de s'asseoir à la même table que le régime, arguant du fait que le gouvernement syrien devait accepter le principe d'un gouvernement de transition sans Assad avant toute négociation directe. L'exigence d'un tel préalable a poussé la délégation officielle du régime à menacer de se retirer. Lakhdar Brahimi a finalement entrepris de rencontrer séparément les deux délégations pour tenter de les réconcilier.

"Objectif de paix"

"Nous sommes venus en étant tout à fait disposés à nous asseoir ensemble", a réagi Faycal Moqdad, un des négociateurs du régime de Damas, interrogé par BFMTV. "Il y a eu un accord hier [jeudi, NDLR] avec Lakhdar Brahimi sur le fait que les trois parties, les Nations unies, l'opposition syrienne et le gouvernement syrien, s'assiéraient ensemble dans la matinée, ce vendredi, et maintenant je vois que les choses ont changé", a-t-il déploré. Et d'indiquer: "Nous sommes ici pour reprendre les discussions".

Interrogé sur les chances de réussite de la conférence, Faycal Moqdad a assuré que la délégation officielle était venue à Genève "dans cet objectif, pour faire la paix".

"Déclarations de guerre"

Le négociateur du régime s'en est ensuite directement pris aux représentants occidentaux. "Mais nous avons trouvé Laurent Fabius, William Hague, John Kerry faisant des déclarations de guerre, pas de paix. Je voudrais attirer l'attention de votre opinion publique sur le fait que le gouvernement français fait la guerre en Syrie et se trouve derrière la guerre terroriste qui tue des Syriens", a ainsi lancé Faycal Moqdad.

Quant à savoir si le régime est prêt à négocier un processus de transition politique, le représentant syrien a été formel. "C'est l'un des points à l'agenda, nous sommes prêts à tout discuter", a-t-il ainsi assuré, qu'il s'agisse d'échanges de prisonniers ou de cessez-le-feu localisés.

A.S. avec Ulysse Gosset et Guillaume Hoair