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Frappes en Syrie: pourquoi la France a ciblé un camp 

François Hollande a annoncé dimanche que les premières frappes françaises en Syrie avaient eu lieu contre un camp d'entraînement de Daesh, à l'est du pays. Pourquoi ces camps sont-ils visés, et dans quel cadre juridique ont eu lieu ces frappes?

Cela fait un an que la France a commencé à s'attaquer militairement à Daesh. Mais jusqu'ici, c'est en Irak que la France a frappé, dans le cadre de l'opération Chammal déclenchée il y a un an. Paris s'était refusée d'intervenir en Syrie, de peur de conforter le président syrien Bachar al-Assad.

Mais après les attentats et tentatives d'attentats contre la France, les autorités ont décidé d'étendre ces frappes à la Syrie. Lors de sa conférence de presse du 7 septembre dernier, François Hollande avait annoncé des vols de reconnaissance en vue de frappes contre le pays dirigé par Bachar al-Assad. Dimanche, elles ont eu lieu pour la première fois. Quelle cible a été choisie, et pourquoi?

> Quelle cible a été choisie?

Dans le viseur de la France, des centres de commandement, d'entraînement et de logistique de Daesh, repérés notamment grâce aux vols de reconnaissance menés depuis le début du mois de septembre. C'est l'un de ces camps, à Deir-ez-Zor, à l'est de la Syrie, qui a été choisi et "détruit dans sa totalité", selon les mots de François Hollande dimanche. D'autres frappes pourraient avoir lieu dans les prochaines semaines.

> Qui est visé?

Le 18 septembre dernier, Jean-Yves Le Drian expliquait dans Le Monde pourquoi la France, qui se refusait jusqu'ici à intervenir en Syrie, avait changé de stratégie. "Nous avons beaucoup d’éléments qui montrent qu’existent désormais des centres de formation des combattants étrangers non plus uniquement en vue de contribuer aux combats de Daesh au Levant, mais pour intervenir en Europe, en France en particulier." Il s'agit donc désormais de viser des camps de Daesh formant des combattants français, mais aussi européens.

"La France veut connaître ce qui se prépare contre elle et ce qui se fait contre la population syrienne", avait aussi avancé François Hollande lors de sa conférence de presse. Dimanche, Manuel Valls a répété que la France visait "les sanctuaires de Daesh où sont formés ceux qui s'en prennent à la France".

> Dans quel cadre juridique ont lieu ces frappes?

François Hollande l'a rappelé dimanche: c'est au nom de la légitime défense, évoquée dans l'article 51 de la charte des Nations unies, que la France frappe en Syrie. L'article en question rappelle le "droit naturel de légitime défense" en cas "d'agression armée" d'un membre des Nations unies. Les attentats et tentatives de ces derniers mois viennent appuyer l'argument de la légitime défense. 

Pour l'instant, François Hollande l'affirme, aucune victime civile n'est à déplorer. Mais que pourrait-il se passer si c'était le cas? "Nous ne ciblons personne en particulier", avait répondu Jean-Yves Le Drian au Monde. "Nous combattons non des individus, mais un groupe terroriste composé de ressortissants de différentes nationalités". Le tout, toujours, en s'appuyant sur l'article 51 de la charte des Nations unies.