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Syrie: que vont apporter à la France les vols de reconnaissance?

Les vols de reconnaissance en Syrie seront menés par des avions de type Rafale.

Les vols de reconnaissance en Syrie seront menés par des avions de type Rafale. - Ecpad - Ema - Armée de l'air - AFP

François Hollande a annoncé lundi que la France va mener, dès ce mardi, des vols de reconnaissance au-dessus du territoire syrien préalables à d'éventuelles frappes aériennes. Concrètement, à quoi vont servir ces vols? Eclairage.

Nouvelle étape dans l'engagement militaire de la France au Moyen-Orient. Le chef de l'Etat François Hollande a annoncé, lundi, lors de sa traditionnelle conférence de presse, que Paris va mener des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie, comme elle le fait déjà en Irak depuis septembre 2014 dans le cadre de l'opération Chammal, et ce à compter de ce mardi.

Un véritable changement de stratégie, alors que la France se refusait jusqu'ici à intervenir sur le territoire syrien. Quels sont les objectifs de ces vols? Que peuvent-ils apporter à la France? BFMTV.com fait le point. 

Définir des cibles

L'objectif premier des vols de reconnaissance est bien évidemment de repérer depuis le ciel des cibles de Daesh en vue de potentielles frappes. "Les frappes aériennes demandent des périodes de renseignement et de survol aérien pour arriver à enregistrer un certain nombre d'images, afin de déterminer ce qui relève au sol de l'organisation Etat islamique", explique ainsi le spécialiste des questions de défense Pierre Servent, interrogé sur Europe 1.

Centres d'entraînement, postes de commandement, lieux de stockage de matériel, l'idée est d'accumuler un maximum de renseignements sur des objectifs stratégiques visibles depuis les airs, et dont la destruction peut causer de lourdes pertes aux jihadistes. Une mission que la France remplit déjà au-dessus de l'Irak, où 1.150 sorties aériennes ont déjà été menées en un an, pour 200 frappes, souligne le Figaro

Très concrètement, comme en Irak, les vols seront assurés par des avions de combat Rafale équipés de nacelles de reconnaissance, capables d'enregistrer des images à basse et haute altitude, à grande vitesse, de jour comme de nuit. François Hollande a précisé que les forces aériennes déjà engagées dans l'opération Chammal se chargeront des vols au-dessus de la Syrie

Acquérir du renseignement propre

Mais pour la France, l'objectif de ces vols est également d'atténuer la menace d'attentats sur son sol, alors que l'année 2015 a d'ores et déjà été marquée par plusieurs attaques meurtrières et attentats avortés, dont le dernier exemple en date est celui du Thalys. Les enquêtes ont démontré que toutes ces attaques ont un lien avec le jihadisme, et certaines ont été revendiquées par Daesh.

"Le président a réalisé qu’on aurait pu avoir près de 100 morts dans le Thalys. On aura malheureusement des attentats avec beaucoup de morts en France, cela ne va pas s’arrêter. Et le pays n’a aucune possibilité de frapper en mesure de rétorsion le commanditaire de tels attentats", fait valoir Pierre Servent. Autrement dit, Paris espère, en survolant la Syrie, pouvoir acquérir du renseignement propre concernant des sites stratégiques de Daesh auxquels peuvent être rattachés des jihadistes français, pouvant être amenés à rentrer en France pour y commettre des attentats. 

Ce genre de renseignement "exclusif" sur les centres d'entraînement et de décision de Daesh en Syrie faisait cruellement défaut aux services français, qui espèrent ainsi y remédier. 

Adrienne Sigel