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Plus d'un million de fidèles ont entamé le pèlerinage à La Mecque

Des pèlerins entament l'ascension du mont Arafat, le 10 septembre, en Arabie saoudite.

Des pèlerins entament l'ascension du mont Arafat, le 10 septembre, en Arabie saoudite. - Ahmad Gharabli - AFP

Un an après la bousculade qui avait causé la mort de près de 2.300 personnes, le pèlerinage à La Mecque a débuté ce samedi, sur fond de tensions entre Ryad et Téhéran.

Près de 1,5 million de fidèles musulmans du monde entier ont entamé ce samedi le grand pèlerinage à La Mecque, marqué l'an dernier par une bousculade meurtrière et cette année par une crise aiguë entre Ryad et Téhéran.

Le grand pèlerinage (hajj) est l'un des cinq piliers de l'islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. Ce samedi, les pèlerins se sont rendus, par des températures excédant 40 degrés Celsius, dans la vallée de Mina, à quelques kilomètres à l'est de La Mecque, avant d'entamer l'ascension du mont Arafat, premières étapes de cinq jours de rituel.

Le dernier pèlerinage marqué par un drame

Gérer les flux ininterrompus de pèlerins, organiser leur accueil, leur transport et garantir leur sécurité représentent une énorme opération logistique dont la gestion par l'Arabie saoudite est cette année scrutée de près.

Ryad avait en effet fait l'objet de vives critiques après la bousculade la plus meurtrière de l'histoire du hajj, le 24 septembre 2015, survenue lors du rituel de la lapidation de Satan. Au moins 2.297 fidèles avaient péri dans ce drame, selon des données compilées à partir de bilans fournis par des gouvernements étrangers. 

L'Arabie saoudite avait elle avancé le chiffre de 769 morts, et les résultats d'une enquête lancée par les autorités n'étaient toujours pas communiqués près d'un an plus tard.

Nouvelles mesures de sécurité

Pour éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise, Ryad assure avoir pris des mesures, notamment la création d'un bracelet électronique stockant les données personnelles de chaque pèlerin. Aucun chiffre n'a cependant été donné sur le nombre de fidèles équipés de ce bracelet.

Le porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur, le général Mansour al-Turki, a souligné les "grands efforts déployés par le royaume, non seulement pour la sécurité des pèlerins, mais aussi pour la facilitation" des rites.

Pas de pèlerins iraniens

Pour la première fois depuis près de trois décennies, aucun pèlerin venant d'Iran n'effectue le hajj. Sur les quelque 60.000 qui s'étaient rendus en 2015 à La Mecque, plus de 460 avaient péri dans la bousculade, provoquant la colère de Téhéran, dont les relations étaient déjà tendues avec Ryad, notamment au sujet des conflits en Syrie et au Yémen.

En dépit de négociations, les deux puissances régionales rivales ne sont pas parvenues à trouver un accord pour l'envoi des Iraniens au pèlerinage et ont échangé cette semaine des invectives qui ont atteint un niveau inédit. Le guide suprême de l'Iran chiite, Ali Khamenei, a estimé que la famille royale saoudienne "ne méritait pas de gérer les lieux saints" de l'islam. Le grand mufti de l'Arabie sunnite, Abdel Aziz ben al-Cheikh, a lui dit que les Iraniens n'étaient "pas des musulmans".

Des centaines de milliers d'Iraniens convergeaient ce week-end vers la ville sainte chiite de Kerbala, en Irak, pour y accomplir un pèlerinage de substitution. 

A.S. avec AFP