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Palestinien tué par des soldats israéliens: l'UE réclame une enquête

Ziad Abou Ein, empoigné par un soldat israélien, juste avant sa mort, lors d'une manifestation en Cisjordanie occupée.

Ziad Abou Ein, empoigné par un soldat israélien, juste avant sa mort, lors d'une manifestation en Cisjordanie occupée. - Abbas Momani - AFP

Ziad Abou Ein, en charge du dossier de la colonisation au sein de l'Autorité palestinienne, est mort mercredi après avoir été frappé par des soldats israéliens lors d'une manifestation qui se voulait pacifique.

Les environs de Ramallah, en Cisjordanie, sont sous haute tension. Mercredi matin, un responsable palestinien a été tué dans des heurts avec des soldats israéliens lors d'une manifestation qui se voulait pacifique, dans la zone occupée, a-t-on appris de sources médicales et sécuritaires. C'est de longue date la plus éminente personnalité à mourir dans de telles circonstances.

Ziad Abou Eïn, 55 ans, en charge du dossier de la colonisation au sein de l'Autorité palestinienne et ancien vice-ministre, est décédé après avoir été frappé au torse et empoigné au col et à la gorge par des soldats, alors qu'il participait à une marche de protestation dans le village de Turmus Ayya, près de Ramallah, a indiqué une source de sécurité palestinienne.

L'UE, choquée, réclame une enquête

Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a dénoncé un acte "barbare". Il a condamné "l'attaque brutale qui a provoqué la mort" de Ziad Abou Eïn, "tombé en martyr". C'est un "acte barbare qui ne peut être ni accepté ni toléré", a-t-il ajouté, selon l'agence officielle WAFA.

L'Union européenne est également montée au créneau en réclamant une enquête "immédiate" et "indépendante" sur les circonstances de la mort "du ministre Abou Ein". "Les informations sur un usage excessif de la force par les forces de sécurité israéliennes sont très inquiétantes", a estimé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. "Ceci rappelle de façon dramatique à toute la communauté internationale la dégradation de la situation sur le terrain".

En début de soirée, le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a exprimé ses regrets, et annoncé l'ouverture d'une enquête. "L'armée israélienne enquête sur l'incident au cours duquel Ziab Abou Aïn est mort. Nous regrettons son décès", a-t-il exprimé par communiqué.

Un adolescent palestinien grièvement blessé par l'armée

La mort de Ziad Abou Ein a par ailleurs provoqué des affrontements dans la journée, et un adolescent palestinien a été très grièvement blessé à la tête par un tir de l'armée israélienne, dans le camps de réfugiés de Jelazoun, en Cisjordanie occupée. Après avoir reçu sur place des soins d'un médecin de l'armée israélienne, le garçon de 14 ans a été hospitalisé dans un état très grave à Ramallah, selon une source médicale. 

Selon un porte-parole de l'armée israélienne, les soldats israéliens ont été confrontés à Jelazoun à une "émeute d'une cinquantaine de Palestiniens (qui) ont lancé des pierres et fait rouler des pneus enflammés" dans leur direction. Une autre porte-parole a affirmé que l'armée n'avait pas fait usage de balles réelles, mais avait employé les habituels moyens anti-émeutes, comme des projectiles en caoutchouc.

PHOTO: Palestinian minister Ziad Abu Ain treated after being hit by IDF during clashes in the West Bank, later died. pic.twitter.com/vAsGjCSCCO
— Israel News Feed (@IsraelHatzolah) 10 Décembre 2014

A. D. et A. G. avec AFP