BFMTV

Gaza: Paris, Londres et Berlin appellent à un cessez-le feu immédiat

De la fumée s'élève au dessus de la ville de Gaza après une frappe israélienne, vendredi 8 août 2014.

De la fumée s'élève au dessus de la ville de Gaza après une frappe israélienne, vendredi 8 août 2014. - -

Dans l'enclave, les violences meurtrières continuent après l'expiration du cessez-le-feu vendredi. Au moins cinq personnes sont mortes ce samedi dans des frappes israéliennes.

La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont appelé samedi Israël et les Palestiniens à un cessez-le feu immédiat dans la bande de Gaza, alors que les frappes israéliennes ont fait au moins cinq morts dans l'enclave palestinienne.

A Gaza, les hostilités se sont poursuivies samedi après l'échec de négociations aux perspectives incertaines. Les appareils israéliens ont frappé environ 30 cibles dans la bande de Gaza au cours de la nuit de vendredi à samedi, a indiqué l'armée. C'est une centaine d'objectifs qui ont été visés depuis vendredi et la fin du cessez-le-feu de trois jours observé par l'armée israélienne et le Hamas, a précisé l'armée.

Les combattants palestiniens, pour leur part, ont poursuivi leurs tirs de roquettes, dont six ont atteint Israël samedi, a dit l'armée israélienne. Cela fait environ 70 tirs de roquettes depuis l'expiration du cessez-le-feu vendredi à 8 heures, selon le porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Peter Lerner. "La riposte est en cours", a-t-il ajouté.

> Au moins cinq Palestiniens tués

Cinq Palestiniens ont été tués samedi par les frappes israéliennes dans le centre de l'enclave, ont annoncé les services de secours locaux. "Deux personnes ont été tuées dans une frappe sur le camp de Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza" et trois corps ont été sortis des décombres de la mosquée al-Qassam, à Nousseirat, bombardée par l'aviation israélienne, a déclaré Achraf al-Qodra, porte-parole des services d'urgence palestiniens. Les victimes sont des hommes âgés de 19 à 56 ans, a-t-il précisé.

Les tirs israéliens ont détruit trois mosquées près de Zeitoun (au sud de la ville de Gaza), à Jabaliya (au nord du territoire) et Nousseirat (centre), a dit le ministère local de l'Intérieur. Au moins deux de ces mosquées étaient considérées comme proches du Hamas, l'organisation islamiste qui contrôle la bande de Gaza. Israël accuse constamment le Hamas de se servir des mosquées, des écoles ou des hôpitaux pour lancer ses roquettes.

Ce sont donc au moins 10 personnes qui ont péri côté palestinien depuis la rupture de la trêve. Le bilan côté israélien fait état de deux blessés légers pour l'instant.

> Le Hamas ne fera "aucune concession"

Les armes se sont remises à parler vendredi matin dans le territoire dévasté après exactement un mois de combats et après l'échec de négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens au Caire pour une prolongation du cessez-le-feu. Les deux camps se sont rejeté la responsabilité de la reprise des combats.

Le flou régnait samedi sur une reprise ou non de discussions indirectes -censées conduire à la prolongation d'un cessez-le-feu observé depuis mardi- menées au Caire avec les Israéliens et l'entremise des Egyptiens. Israël a fait revenir ses délégués en assurant qu'il ne discuterait pas "sous les bombes". On ignorait si les Israéliens retourneraient au Caire.

De son côté, le Hamas palestinien a prévenu samedi qu'il ne ferait "aucune concession" à Israël alors que se poursuivent les hostilités dans la bande de Gaza. "Il n'y aura pas de retour en arrière. La résistance va se poursuivre de toutes ses forces. L'intransigeance de l'occupant (israélien) ne lui apportera rien et nous ne ferons aucune concession sur les exigences de notre peuple", a affirmé dans un communiqué Fawzi Barhoum, un porte-parole du mouvement islamiste à Gaza.

> Paris, Londres, Berlin appellent à un cessez-le feu immédiat

En début de soirée samedi, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont appelé Israël et les Palestiniens à un cessez-le feu immédiat dans la bande de Gaza, dans une déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères des trois pays.

"Nous sommes très inquiets de la reprise des hostilités dans la bande de Gaza. Nous appelons les deux parties à revenir immédiatement à un cessez-le-feu", affirment les trois ministres, Laurent Fabius (France), Philip Hammond (Grande-Bretagne) et Frank-Walter Steinmeier (Allemagne). "Nous apportons notre plein soutien aux efforts engagés par l'Egypte à cet effet", ajoutent-ils.

Ils rappellent que "la trêve doit prévoir des mesures susceptibles de répondre à la fois aux préoccupations d'Israël en termes de sécurité et aux demandes palestiniennes en ce qui concerne la levée des restrictions sur Gaza".

Vendredi soir, les Etats-Unis ont de leur côté dit espérer une prolongation du cessez-le-feu "dans les prochaines heures". Les Etats-Unis, déjà impliqués dans la conclusion d'un premier cessez-le-feu ayant rapidement tourné au bain de sang le 1er août, ont dépêché au Caire leur envoyé pour le Proche-Orient Frank Lowenstein, a indiqué une porte-parole du département d'Etat, Marie Harf.

L'opération "Bordure protectrice", déclenchée le 8 juillet par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire le réseau de tunnels servant à des incursions sur son territoire, a tué plus de 1.900 Palestiniens, dont des centaines d'enfants, selon les secours palestiniens. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri.

V.R. avec AFP