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Gaza: le désespoir pousse les jeunes à la guerre des pierres

Des jeunes Palestiniens lancent des pierres à la frontière entre Gaza et Israël.

Des jeunes Palestiniens lancent des pierres à la frontière entre Gaza et Israël. - Mohamed Abed - AFP

La bande de Gaza est également agitée par les violences qui frappent Israël et la Cisjordanie depuis le début du mois. Dans cette étroite enclave côtière déjà ravagée par trois guerres, le taux de chômage n'a jamais été si haut et les perspectives d'avenir si lointaines.

Restée à l'écart de la spirale des violences qui secouent la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées, la bande de Gaza - contrôlée par le Hamas - est de plus en plus touchée.

Le long de la barrière qui, avec la frontière égyptienne, enferme hermétiquement la bande de Gaza, neuf jeunes Palestiniens ont été tués vendredi et samedi derniers par des tirs israéliens. Ils manifestaient avec des centaines d'autres leur solidarité avec la Cisjordanie et Jérusalem, ainsi que leur rancoeur face à une réclusion presque totale. Ils menaçaient de créer une brèche dans la barrière, a affirmé l'armée israélienne.

Chaque jour, des jeunes retournent braver le danger et lancent des pierres sur les soldats israéliens de l'autre côté. "Les gens meurent là-bas à Jérusalem, or Jérusalem est à nous, on veut la défendre", a expliqué un adolescent à BFMTV.

"On ne peut pas tourner la page et oublier la guerre. En plus on attend une nouvelle guerre. Mon fils, tous les jours je lui demande de rester ici, de ne pas aller à la frontière jeter des pierres", confie Nabila Shamali.

A Gaza, le désespoir est à son comble

Dans la bande de Gaza, étroite enclave côtière déjà ravagée par trois guerres et qui étouffe depuis neuf ans sous le blocus israélien, le désespoir est à son comble: la moitié des jeunes cherchent à s'exiler, les suicides sont en hausse, le chômage - l'un des plus forts taux au monde à 45% - n'a jamais été si haut et les perspectives d'avenir si lointaines.

Plus d'un an après l’opération "Bordure protectrice" au cours de laquelle 2.251 Palestiniens ont été tués, la reconstruction prend du temps.

Une jeunesse qui n'a rien à perdre

Depuis le 1er octobre et l'assassinat de deux colons juifs en Cisjordanie se sont succédé les affrontements entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens, les agressions entre Palestiniens et colons israéliens, et les attaques à l'arme blanche perpétrées par des Palestiniens.

Dans un discours mercredi soir à la télévision palestinienne, le président Abbas a affirmé soutenir "une résistance populaire pacifique", a dit vouloir "poursuivre (la) lutte nationale" et réaffirmé le "droit à (se) défendre".

Mais l'escalade des violences entre Palestiniens et Israéliens jette une lumière crue sur la déconnexion entre les jeunes qui lancent des pierres et leur président Mahmoud Abbas qui est pourtant le seul interlocuteur pour la communauté internationale et le gouvernement israélien.

K. L. avec Laetitia Soudy