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Les Palestiniennes au coeur de "l'intifada des couteaux"

Les filles palestiniennes ont décidé de se mêler aux violences en lançant pierres et slogans contre les soldats israéliens en Cisjordanie occupée. Certaines participent même aux attaques au couteau qui déstabilise Israël.

Les cours n'ont plus lieu depuis une semaine dans la grande université de Ramallah, en Cisjordanie. A la place, les jeunes organisent le mouvement de contestation. Et les filles sont en première ligne. "Lorsque vous appelez à l'unité pour manifester, invitez les filles. Nous aussi nous avons des choses à dire. Ma voix est forte et libre", s'époumone une jeune fille sous son voile vert.

Au milieu de la foule, BFMTV a rencontré Isra'a Barghouthi, 22 ans. "Nous voulons que ça change. Un véritable changement. Nous voulons la fin de l'occupation et la reconnaissance internationale. Nous voulons vivre une vraie vie, c'est tout", explique cette étudiante en sciences politiques.

Des affrontements quotidiens 

Les filles sont non seulement en première ligne des manifestations mais aussi au plus près des affrontements quotidiens avec l'armée israélienne. Elles prennent autant de risques que les garçons. "J'ai le sentiment qu'à partir du moment où on porte ce voile, on peut être tuée à tout moment. Au moins si tu viens manifester ici en jetant des pierres, c'est mieux que de mourir pour rien", explique à BFMTV, Falastine, interrogée dans les rues de Ramallah.

En première ligne sur les jets de pierre, certaines vont même plus loin et participent à l'"Intifada des couteaux", qui déstabilise Israël. Une scène a été largement propagée dans les médias et sur les réseaux sociaux, celle d'Esraa Abed, blessée par balles vendredi après avoir tenté de poignarder un garde de sécurité à l'entrée de la gare routière d'Afula, dans le nord d'Israël.

Sur la vidéo, on voit l'adolescente de 16 ans, un couteau à la main, comme figée et entourée de soldats et de policiers. Un ou plusieurs d'entre eux tirent, apparemment vers les jambes, et elle s'écroule. La police a décrit son état comme sérieux.

Les Palestiniennes ne sont pas épargnées non plus par la riposte israélienne. Une femme enceinte de 30 ans et sa fille de 2 ans ont été tuées dans un raid aérien israélien tôt dimanche 11 octobre à Gaza.

Les affrontements entre lanceurs de pierres palestiniens et forces israéliennes qui tirent à balles réelles sont désormais quotidiens et les agressions mutuelles permanentes entre Palestiniens et colons. Depuis dix jours se succèdent les attaques au couteau contre des Israéliens et des juifs, et les funérailles de Palestiniens tués lors de heurts.

Une troisième intifada

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, se sont rejeté la responsabilité des violences lors d’entretiens téléphoniques avec le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, samedi. Benyamin Nétanyahou a dit à son interlocuteur américain qu’il attendait de l’Autorité palestinienne qu’elle arrête "son incitation féroce, fondée sur des mensonges, qui a provoqué l’actuelle vague de terrorisme". Et Mahmoud Abbas a réitéré la nécessité pour le gouvernement israélien de cesser de "couvrir les provocations des colons, menées sous la protection de l’armée".

Déclenchées le 1er octobre avec une attaque qui a coûté la vie à deux colons israéliens en Cisjordanie occupée, ces violences ont réveillé le spectre d’une troisième intifada, après les soulèvements populaires palestiniens contre l’occupation israélienne de 1987 et 2000.

K. L. avec Caroline Mier