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Le Hamas retiré de la liste des organisations terroristes par la justice de l'UE

Des leaders du mouvement Hamas: Ismail Haniya (G), porte-parole des Brigades Ezzedine Al-Qassam, Abu Obaida et Moussa Abou Marzouq (D) saluent  les partisans pendant un défilé marquant le 27e anniversaire de la création du mouvement islamiste le 14 Décembre, 2014 dans la ville de Gaza.

Des leaders du mouvement Hamas: Ismail Haniya (G), porte-parole des Brigades Ezzedine Al-Qassam, Abu Obaida et Moussa Abou Marzouq (D) saluent les partisans pendant un défilé marquant le 27e anniversaire de la création du mouvement islamiste le 14 Décembre, 2014 dans la ville de Gaza. - Mahmud Hams -AFP

La justice européenne a annulé mercredi pour vice de procédure l'inscription du mouvement palestinien Hamas sur la liste des organisations terroristes de l'UE. Mais la Commission affirme cependant qu'elle "considère" toujours le Hamas "comme une organisation terroriste".

Un vice de procédure a contraint l'UE à retirer de la liste des organisations terroristes l'organisation palestinienne Hamas. Le gel des avoirs européens du mouvement est en revanche temporairement maintenu, anticipant un éventuel futur gel de ces fonds décidé par le Conseil. A la mi-journée, la Commission a cependant affirmé qu'elle "considère le Hamas comme une organisation terroriste".

Le Tribunal de l'Union européenne précise que cette annulation "n'implique aucune appréciation de fond sur la question de la qualification du mouvement Hamas de groupe terroriste". L'UE avait inscrit le Hamas sur sa liste noire en décembre 2001. "Les effets des actes annulés", soit le gel des fonds du Hamas dans l'UE "sont cependant maintenus temporairement pour garantir l'efficacité de tout futur éventuel gel des fonds", a précisé le Tribunal.

Le Conseil a trois mois pour prendre une nouvelle décision de gel des fonds, ou deux mois pour se pourvoir en appel auprès de la Cour de justice de l'UE contre cette décision, ajoute le Tribunal dans un communiqué.

Une inscription contestée, car fondée sur "la presse et Internet"

Saisi par le Hamas, le Tribunal constate que son inscription sur la liste est fondée "non pas sur des faits examinés et retenus dans des décisions d'autorités nationales compétentes, mais sur des imputations factuelles tirées de la presse et d'Internet". "Pourtant, la position commune et la jurisprudence exigent que la base factuelle d'une décision" de ce type repose "sur des éléments concrètement examinés et retenus dans des décisions d'autorités nationales compétentes au sens de cette position commune".

Le Tribunal ne retient pas, par contre, l'argument du Hamas. Selon le Tribunal, celui-ci soutenait le fait qu'il ne pouvait pas être inscrit sur une liste d'organisations terroristes "car il était un gouvernement légitimement élu".

"C'est une décision qui me satisfait" a commenté l'avocate du Hamas, maître Liliane Glock. "Le tribunal a jugé en droit, et a répondu à la seule question qui vaille: la liste européenne des organisations terroristes doit-elle être calquée sur la liste américaine ? Le tribunal a répondu non", a-t-elle estimé. "Maintenant, j'attends de voir les effets en France, car la France a une liste des organisations terroristes unique, qui se borne à collecter les inscriptions des listes européennes. Il faudra que le Hamas en disparaisse", a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exigé mercredi que l'Union européenne replace "immédiatement" le Hamas sur sa liste des organisations terroristes, à la suite de la décision du Tribunal de l'UE de retirer cette organisation palestinienne de cette liste noire.

Inscrit dès 2003 sur les listes des organisations terroristes

L'UE avait créé sa liste des organisations terroristes dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Elle y avait d'abord inscrit la branche armée du Hamas, avant d'y intégrer la branche politique en septembre 2003.

Pour les mêmes motifs de procédure que ceux retenus pour le Hamas, la Cour européenne de justice en avait retiré en octobre 2014 le mouvement séparatiste tamoul des Tigres de libération de l'Eelam (LTTE, du Sri Lanka) , tout en maintenant là aussi le gel de ses avoirs.

Sauf surprise, le Parlement européen doit pour sa part apporter dans l'après-midi son soutien "en principe à la reconnaissance de l'Etat palestinien et la solution fondée sur deux Etats", en votant une résolution non-contraignante en ce sens.

Mais sous pression du PPE (droite), et contrairement à ce que voulaient les socialistes, à l'origine de cette initiative, ainsi que la gauche radicale et les verts, les élus européens ne doivent pas appeler les Etats membres à reconnaître l'Etat palestinien. Le PPE, principale formation politique du Parlement, a pesé pour lier cette perspective à des progrès des pourparlers de paix.

D. N. avec AFP