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Nucléaire: feu vert à la levée des sanctions contre l'Iran

John Kerry et Mohammad Javad Zarif à Vienne le 16 janvier 2016

John Kerry et Mohammad Javad Zarif à Vienne le 16 janvier 2016 - Kevin Lamarque - AFP

Six mois après la conclusion de l'accord nucléaire de Vienne, au terme d'un long marathon diplomatique, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a donc certifié que Téhéran avait bien respecté toutes ses obligations destinées à garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a donné samedi son feu vert à l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire historique conclu entre l'Iran et les grandes puissances, soulignant que Téhéran a tenu ses engagements en vue d'une levée des sanctions internationales. "L'Iran a achevé les étapes réparatoires nécessaires au démarrage de la mise en oeuvre" de l'accord conclu le 14 juillet 2015, a déclaré le secrétaire général de l'agence onusienne, Yukiya Amano, dans un communiqué publié à Vienne, où les chefs de la diplomatie iranienne, européenne et américaine étaient réunis pour d'ultimes discussions.

Le rapprochement entre l'Iran et les États-Unis, dont les relations étaient rompues depuis 1980, s'est concrétisé samedi par la libération inattendue de prisonniers dans le cadre d'un échange, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, détenu à Téhéran depuis plus de 500 jours. Cet échange de prisonniers d'une ampleur sans précédent entre les deux pays intervient alors que le secrétaire d'État américain John Kerry et le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif sont réunis à Vienne.

Levée immédiate

Six mois après la conclusion de l'accord nucléaire de Vienne, au terme d'un long marathon diplomatique, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a donc certifié que Téhéran avait bien respecté toutes ses obligations destinées à garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire, mettant fin à un contentieux de plus de treize ans.

Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU ont précisé que cette décision avait un effet immédiat. Le président iranien Hassan Rohani a immédiatement salué une "victoire glorieuse" pour le "peuple" iranien. "Aujourd'hui (...) le monde entier est plus sûr car la menace des armes atomiques a été réduite", s'est félicité à Vienne le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, l'un des principaux artisans, avec Mohammad Javad Zarif, de cet accord.

Israël fait part de son mécontentement

Cet accord, négocié par l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), est considéré comme un résultat majeur de politique étrangère pour le président américain Barack Obama ainsi que pour son homologue iranien. Il est aussi interprété comme l'amorce d'un rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran, une évolution qui met en rage les alliés traditionnels de l'Amérique dans la région - Arabie saoudite et Israël en tête -, qui redoutent l'influence de la puissance chiite.

L'Etat hébreu a réagi samedi en affirmant que Téhéran n'avait "pas abandonné ses ambitions de se doter d'armes nucléaires".

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué espérer un même "esprit de coopération" pour "tous les enjeux régionaux". Le ministre allemand des Affaires Etrangères, Frank-Walter Steinmeier, a salué "un succès historique de la diplomatie".

La levée de l'intégralité des sanctions sera échelonnée sur dix ans, et durant 15 ans les mesures pourront être automatiquement rétablies en cas de manquements de Téhéran. L'Iran a accepté de se soumettre à des inspections renforcées de l'AIEA, et le patron de l'agence, Yukiya Amano, sera dès dimanche dans la capitale iranienne.

la rédaction avec AFP