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Iran: un journal interdit pour avoir mentionné en une "Je suis Charlie"

Cette une, sur laquelle l'acteur George Clooney dit "Je suis Charlie", a valu au journal iranien Mardom-e Emrouz d'être interdit.

Cette une, sur laquelle l'acteur George Clooney dit "Je suis Charlie", a valu au journal iranien Mardom-e Emrouz d'être interdit. - Behrouz Mehri - AFP

En Iran, le quotidien Mardom-e Emrouz a été interdit, après avoir mentionné sur sa une le slogan "Je suis Charlie", mis dans la bouche de l'acteur George Clooney.

La justice iranienne a ordonné l'interdiction du quotidien réformateur Mardom-e Emrouz pour avoir mentionné en Une et en gros titre le slogan "Je suis Charlie", a indiqué samedi l'agence de presse Irna.

A la Une du journal, on voit une grande photo de l'acteur américain George Clooney, très populaire en Iran, et en sur impression le titre "Clooney: Je suis Charlie". George Clooney avait en effet repris à son compte ce slogan lors des cérémonies des Golden Globes dimanche dernier.

"Le quotidien a été interdit en lien avec (le slogan) Charlie Hebdo", a déclaré Mohammad Ghouchani, son rédacteur en chef, cité par le site d'information nasimonline.ir.

Condamnation de l'attaque contre Charlie Hebdo

L'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, qui avait publié des caricatures du prophète Mahomet, a été le 7 janvier la cible d'une attaque qui a décimé la rédaction du journal (12 morts) et a été revendiquée par le groupe Al-Qaïda dans la péninsule islamique.

Mercredi le journal français a de nouveau publié en Une une nouvelle caricature du prophète représenté la larme à l'oeil et tenant une pancarte "Je suis Charlie", le slogan des manifestants qui ont défilé en France et à l'étranger.

L'Iran a condamné l'attaque contre Charlie Hebdo, mais a aussi dénoncé la publication d'une nouvelle caricature du prophète. Plusieurs journaux conservateurs ont demandé une action de justice contre le quotidien Mardom-e Emrouz("Le peuple d'aujourd'hui" en persan).

Une nouvelle caricature dénoncée lors des prêches

Vendredi, les imams de la prière ont dénoncé lors des prêches à travers le pays la publication de la caricature du prophète. Mardom-e Emrouz s'était donné pour objectif de défendre le gouvernement du président modéré Hassan Rohani. Ce dernier, un religieux modéré élu en juin 2013, a souhaité plus de libertés dans les affaires culturelles et sociales, notamment concernant la presse.

Mais il doit faire face à l'opposition des conservateurs, qui contrôlent plusieurs organes du pouvoir et critiquent régulièrement les positions du gouvernement, trop libérales à leurs yeux. Depuis son élection, trois journaux réformateurs ont été définitivement fermés. Mardom-e Emrouz est le quatrième titre à être interdit.

A.S. avec AFP