BFMTV

Irak: les jihadistes prennent Mossoul et poussent la population à fuir

Un véhicule des forces de sécurité irakiennes à Mossoul, le 10 juin 2014.

Un véhicule des forces de sécurité irakiennes à Mossoul, le 10 juin 2014. - -

Des centaines de jihadistes se sont notamment emparés mardi de l'intégralité de la province de Ninive, dont Mossoul dépend. Selon des témoins, la ville était calme mercredi matin et la plupart des commerces étaient fermés.

Les rebelles jihadistes ont menacé mercredi d'intensifier leur offensive en Irak après s'être emparés de larges territoires en majorité sunnites du nord face à une armée en déroute, poussant à la fuite un demi-million d'habitants de Mossoul.

Des centaines de jihadistes se sont emparés mardi coup sur coup de l'intégralité de la province de Ninive, dont Mossoul dépend, puis de parties de deux autres provinces voisines, Kirkouk et Salaheddine, des avancées fulgurantes devant lesquelles les autorités semblaient impuissantes. Les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont positionnés dans la ville, près des banques et des administrations publiques.

D'après Hassan Barjess al-Jobouri, 45 ans, qui habite dans le sud de Mossoul, les jihadistes sillonnent la ville à bord de véhicules. Vêtus d'uniformes militaires pour certains ou de tenues noires pour d'autres, les jihadistes, qui opèrent à visage découvert, ont pris également position au siège du conseil provincial.

Ban Ki-Moon "très inquiet"

Selon d'autres témoins, la ville était calme mercredi matin et la plupart des commerces étaient fermés. Dans le même temps, des dizaines de familles continuaient à quitter Mossoul (350 km au nord de Bagdad) mercredi en direction de la région autonome du Kurdistan, plus au nord, ont indiqué des témoins.

Face à l'avancée des rebelles sunnites, le gouvernement du chiite Nouri al-Maliki, honni par les rebelles, a annoncé "une cellule de crise pour superviser le volontariat et l'armement" des citoyens prêts à combattre l'insurrection, et sa décision de "réorganiser" les forces de sécurité.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit "très inquiet" de la "détérioration" de la situation, tandis que Washington qualifiait l'EIIL de "menace pour la stabilité (...) de toute la région".

A. D. avec AFP