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Irak et Syrie: l'EIIL, un groupe jihadiste radical redoutable

Cette photo diffusée le 11 juin 2014 par le compte jihadiste AlBaraka News sur Twitter montre des membres d'EIIL à la frontière entre la Syrie et l'Irak.

Cette photo diffusée le 11 juin 2014 par le compte jihadiste AlBaraka News sur Twitter montre des membres d'EIIL à la frontière entre la Syrie et l'Irak. - -

Les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant sont en train de s'emparer de plusieurs secteurs en Irak depuis mardi. Ils font également partie de la frange radicale des opposants au régime d'Assad en Syrie. Portrait.

Ils ont pris de vitesse Al-Qaïda, et attire de plus en plus de jeunes Européens, qui veulent s'engager dans le jihad. L'Etat islamique en Irak et au Levant, l'EIIL, occupe le devant de la scène médiatique depuis l'offensive lancée mardi en Irak, où ils ont pris le contrôle de plusieurs provinces en un temps face à une armée complètement dépassée.

Qui sont ces combattants surentraînés et déterminés à tuer au nom de leur idéologie? Quels sont les objectifs de ces milliers de jihadistes, dont certains sont Français? Décryptage.

> Leurs origines

L'EIIL est une émanation d'ISI, une branche irakienne d'Al-Qaïda dirigée par Abou Bakr al-Bagdadi. En avril 2013, il annonce qu'ISI et le Front al-Nosra, groupe jihadiste présent en Syrie, fusionnent pour devenir l'Etat islamique en Irak et au Levant. Mais Al-Nosra refuse et une guerre généralisée éclate entre eux à partir de janvier 2014.

Al-Qaïda intervient et demande alors que l'EIIL se concentre sur l'Irak et laisse la Syrie à Al-Nosra. L'EIIL refuse et conteste ouvertement l'autorité du chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahir, qui finit par les désavouer publiquement. Autonome grâce aux ressources acquises avec la contrebande pétrolière, le groupe assume son indépendance financière. "L'EIIL est en train de devenir la référence des jihadistes dans le monde, tandis qu'Al-Qaïda est en perte de vitesse", résume la politologue Myriam Benraad, interrogée par BFMTV.com.

> Leurs effectifs et la nationalité des combattants

Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Centre, estime que l'EIIL compte de 5.000 à 6.000 combattants en Irak et de 6.000 à 7.000 combattants en Syrie. Ces chiffres n'ont pu être corroborés par d'autres sources.

En Syrie, la plupart des combattants sont des Syriens, mais ses commandants viennent souvent de l'étranger, et ont fait leurs armes en Irak, Tchétchénie, Afghanistan... En Irak, la plupart de ses combattants sont irakiens. Selon l'islamologue Romain Caillet, nombre de ses chefs militaires sont Irakiens ou Libyens, tandis que ses meneurs religieux sont plutôt Saoudiens ou Tunisiens. L'EIIL compte aussi des centaines de Français, Belges et maghrébins.

> Leur idéologie

L'EIIL n'a jamais fait allégeance au chef d'Al-Qaïda. Mais le groupe revendique la même idéologie jihadiste, et veut installer un Etat islamique dans une région située entre la Syrie et l'Irak. "Ils sont déterminés à l'emporter aussi bien sur le front irakien que sur le front syrien pour réinstaurer un califat musulman dans la région, régi par les règles de la charia [la loi islamique, ndlr].

> Leurs soutiens

L'EIIL ne semble pas bénéficier du soutien ouvert d'un Etat, et selon des analystes, le groupe reçoit la majorité de son soutien de la part de donateurs individuels, la plupart dans le Golfe. En Irak, le groupe dépend en outre de personnalités tribales locales, et notamment de certaines minorités sunnites, mis au ban par le gouvernement chiite, installé depuis la chute de Saddam Hussein.

> Leur présence sur le terrain

L'EIIL a pris en janvier, avec d'autres groupes insurgés, le contrôle de Fallouja et de secteurs de Ramadi, à l'ouest de Bagdad. Depuis la semaine passée, il a lancé de nombreuses attaques en Irak et est parvenu mardi à prendre le contrôle de la province de Ninive, dont fait partie Mossoul -2e ville d'Irak-, et de secteurs des provinces de Kirkouk et de Salaheddine.

En Syrie, il est considéré comme la force combattante la plus efficace contre le régime du président Bachar al-Assad. Mais après avoir été initialement bien accueilli par certains rebelles syriens, sa volonté d'hégémonie et les atrocités qui lui sont attribuées, notamment l'enlèvement et l'exécution de civils et de rebelles de mouvements rivaux, ont poussé l'ensemble des coalitions rebelles à retourner leurs armes contre lui.

Alexandra Gonzalez avec AFP