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Merkel perdrait la majorité en Rhénanie du Nord-Westphalie

Dans un bureau de vote de Witterschlick, près de Bonn. Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes, la coalition de centre droit d'Angela Merkel a perdu dimanche la majorité à l'assemblée régionale du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, ce qui privera

Dans un bureau de vote de Witterschlick, près de Bonn. Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes, la coalition de centre droit d'Angela Merkel a perdu dimanche la majorité à l'assemblée régionale du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, ce qui privera - -

DÜSSELDORF, Allemagne - La coalition de centre droit d'Angela Merkel a perdu dimanche la majorité à l'assemblée régionale du Land de Rhénanie du...

par Matthias Inverardi

DÜSSELDORF, Allemagne (Reuters) - La coalition de centre droit d'Angela Merkel a perdu dimanche sa majorité à l'assemblée régionale du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui prive la chancelière allemande de sa majorité au Bundesrat, selon une projection de la télévision ZDF.

D'après cette projection, la CDU d'Angela Merkel obtient 34,3% des voix et ses alliés FDP 6,7%, ratant ainsi la majorité absolue.

Les sociaux-démocrates du SPD, principal parti d'opposition, obtiendraient 34,7%, devançant de peu la CDU.

Les résultats définitifs sont attendus dans la nuit.

La perte de sa majorité au Bundesrat signifie que, à peine plus de six mois après le début de son second mandat, Merkel aura besoin du soutien du parti d'opposition pour mener à bien son programme qui prévoit notamment des réductions d'impôts.

Le scrutin, considéré comme un test essentiel pour le gouvernement, était le premier depuis les élections législatives fédérales de l'automne dernier.

Il a largement été éclipsé par le déblocage de l'aide à la Grèce, une décision très impopulaire et marquée par un changement de la position de Merkel, d'abord opposée à l'octroi de prêts massifs à Athènes.

"DILUTION DU POUVOIR"

Les résultats affaiblissent le gouvernement Merkel au moment où les investisseurs s'inquiètent de l'issue des élections en Grande-Bretagne où aucun parti n'a obtenu la majorité absolue.

"Un pouvoir fort est nécessaire en temps de crise et nous risquons d'assister ici à une dilution du pouvoir. Ce ne sera pas de nature à augmenter la confiance dans l'euro", a noté Andrew Bosomworth, gestionnaire de portefeuille chez PIMCO Europe.

La CDU et les libéraux du FDP gouvernent la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé et industrialisé d'Allemagne, depuis 2005, où ils avaient remporté respectivement 44,8 et 6,2% des suffrages.

Environ 13,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans cette région de 18 millions d'habitants de l'ouest du pays, dont l'économie pèse aussi lourd que celles de la Pologne et de la République tchèque additionnées.

Il y a cinq ans, une défaite en Rhénanie-du-Nord-Westphalie avait incité le chancelier Gerhard Schröder à convoquer des élections anticipées qu'il a perdues au profit de Merkel.

Les projections de ZDF présentent les Verts comme les grands gagnants avec 12,3% des suffrages, soit une progression de 6,1 points, tandis que Die Linke obtiendrait 5,7%.

"Le SPD est de retour", a lancé à ses partisans la candidate SPD, Hannelore Kraft, ajoutant qu'elle voulait gouverner avec les Verts.

"C'est une défaite amère pour le CDU dans le Land et au niveau fédéral", a commenté Gerd Langguth, politologue à l'université de Bonn et biographe de Merkel.

"La perte de la majorité au Bundesrat n'est pas un problème insurmontable pour la chancelière, mais ce sera plus compliqué pour sa coalition de mettre en oeuvre certains projets politiques importants".

En vertu du système politique allemand, les partis qui forment les gouvernements de chacun des 16 Länder se voient attribuer un certain nombre de sièges au Bundesrat.

La Rhénanie-du-Nord-Westphalie dispose de six sièges sur 69, soit le contingent le plus important.

Avec Paul Carrel et Madeline Chambers, Eric Faye, Grégory Blachier, Guy Kerivel et Nicole Dupont pour le service français

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