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Les tensions à la frontière entre la Syrie et la Turquie inquiètent les familles de jihadistes français

Des enfants entourés des Forces armées kurdes à Baghouz, en Syrie, le 5 mars 2019

Des enfants entourés des Forces armées kurdes à Baghouz, en Syrie, le 5 mars 2019 - - BULENT KILIC / AFP

La menace d'une attaque de la Turquie contres les forces kurdes après le déplacement de soldats américains pose la question de l'avenir des familles de jihadistes français détenus en Syrie.

L'annonce lundi par un haut responsable américain du redéploiement de 50 à 100 soldats à l'intérieur du pays, en Syrie, inquiète les familles de jihadistes qui y sont détenues par les Kurdes. Car l'initiative de Washington est largement interprétée comme un feu vert à une offensive imminente d'Ankara contre les forces kurdes, pourtant alliées des Etats-Unis dans la lutte antijihadiste.

"Aujourd'hui les Kurdes nous disent 'On ne peut pas les garder, reprenez vos ressortissants, nous on a un conflit à gérer avec la Turquie'", réagit sur BFMTV Amine Elbahi, dont la nièce et le neveu sont détenus depuis 10 mois dans le camp kurde d'Al-Hol, au nord-est de la Syrie.

"Qu'est-ce-que Emmanuel Macron compte faire pour sauver ces enfants qui n'ont rien demandé à personne ?", s'interroge-t-il.

"C'est une grave erreur de ne pas rapatrier au plus vite"

Son neveu et sa nièce se trouvent avec leur mère, une Française qui a rejoint les rangs de Daesh en 2014: "Les enfants souffrent du manque d'accès aux soins, à l'école, à l'eau, à la nourriture", affirme Amine Elbahi. Sa sœur, contactée par téléphone, lui a affirmé que les Kurdes lui ont demandé de se préparer à quitter le camp.

Du côté des autorités turques, on ne donne aucun détail sur l'éventuel sort réservé aux détenus. Parmi les options envisageables, Ankara pourrait reprendre le contrôle des camps, transférer les détenus en Turquie ou encore les laisser livrés à eux-mêmes en Syrie.

"On ne sait pas ce qu'il va se passer et ce qui peut se passer peut être le pire malheureusement. C'est une grave erreur de ne pas rapatrier au plus vite s'il en est encore temps les enfants et leurs parents", estime sur BFMTV Patrick Baudoin, rapporteur de la Commission nationale des Droits de l'Homme.

Ils sont actuellement 300 enfants français toujours détenus sur place. Depuis 2014, environ 130 ont été rapatriés selon le principe du "cas par cas" voulu par Emmanuel Macron.

Amélie Rosique, Florian Rivet et Manon Fossat