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Les premiers drones armés français se déploient au Sahel

Un drone Reaper français au Niger

Un drone Reaper français au Niger - Daphné BENOIT / AFP

"Il s'agit d'une nouvelle capacité, pas d'un changement de doctrine", détaille la ministre des Armées, dans un contexte de forte dégradation sécuritaire au Sahel où les jihadistes multiplient les actions meurtrières.

La France a déployé ses premiers drones armés au Sahel pour traquer les jihadistes, a annoncé jeudi la ministre des Armées Florence Parly, au terme d'une série de tirs d'expérimentation menés depuis la base aérienne de Niamey.

"Désormais opérationnels, les drones armés sont déployés au sein de l'opération Barkhane", a affirmé dans un communiqué Florence Parly, qui avait pris la décision en 2017 d'armer dans les deux ans les drones Reaper français en opérations extérieures.

"Efficaces face à l'ennemi"

"Protecteurs pour nos troupes et efficaces face à l'ennemi, ces drones contribuent à la modernisation de nos armées", a détaillé la ministre sur son compte Twitter.

Paris rejoint ainsi le club restreint des pays utilisant ces avions armés pilotés à distance, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et Israël.

"Leurs principales missions restent la surveillance et le renseignement, vocation première des drones, mais elles pourront aussi être étendues aux frappes", a précisé la ministre des Armées.

"Pas un changement de doctrine", selon Florence Parly

"Il s'agit d'une nouvelle capacité, pas d'un changement de doctrine. Les règles d'engagement des drones armés sont exactement les mêmes que celles des avions de chasse avec lesquels ils sont complémentaires", a-t-elle également détaillé.

Cette annonce intervient quelques jours avant une visite au Niger du président Emmanuel Macron, dans un contexte de forte dégradation sécuritaire au Sahel, un terrain vaste comme l'Europe où les jihadistes multiplient les actions meurtrières, malgré la présence de 4500 militaires français de l'opération Barkhane.

Chargés depuis 2014 d'observer sans relâche les groupes armés au Sahel et de collecter du renseignement, les trois drones américains Reaper peuvent désormais faire feu sur des ennemis identifiés, ou effectuer de premières frappes pour aider des troupes engagées au sol en attendant le renfort des avions de combat.

Les drones pourront suivre une cible mobile en 2020

L'armée française, qui dispose d'un total de cinq Reaper dont deux sur le territoire national à des fins d'entraînement, va dans un premier temps armer ses drones au Sahel de bombes à guidage laser de 250 kg. Les six Reaper supplémentaires, dont Paris prendra livraison en 2020, seront équipés de missiles guidés air-sol, capables de suivre une cible mobile.

Le parc de drones français doit monter à 12 en 2025, puis 24 en 2030. Leur usage sera strictement encadré par la France, réaffirme le ministère. Pour ouvrir le feu, les équipages - un pilote, un opérateur capteur, un interprète d'images et un officier de renseignement - appliqueront les mêmes règles qu'un pilote d'avion ou d'hélicoptère. Les tirs seront réalisés par des militaires en opérations extérieures, et non depuis la métropole.

Un sujet sensible

Le sujet est sensible, au vu des polémiques répétées entourant les campagnes de frappes menées par les Etats-Unis en Afghanistan, au Pakistan ou au Yémen, à l'aide de drones pilotés depuis le territoire américain.

Jusqu'à présent, l'armée française confiait essentiellement les manettes de ses drones à d'anciens pilotes de chasse. Mais avec la multiplication des missions et du nombre de drones, l'armée de l'Air a créé une filière de formation dédiée, à l'image des filières chasse, transport et hélicoptère.

Alexandra Jaegy avec AFP