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Paris s'inquiète de la création d'un "arc terroriste" au Sahel

Jean-Yves Le Drian devant le perron de l'Élysée, le 11 décembre 2019

Jean-Yves Le Drian devant le perron de l'Élysée, le 11 décembre 2019 - LUDOVIC MARIN / AFP

Les groupes terroristes du Sahel pourraient avancer jusqu'au Proche-Orient, s'inquiète Jean-Yves Le Drian.

Les groupes terroristes du Sahel, liés à l'organisation État islamique (EI), sont en train de constituer "un arc" vers le Tchad et le Nigeria, qui pourrait "remonter" jusqu'au Proche-Orient, alerte ce dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

"Cette menace est là, permanente et il y a un arc de groupes terroristes qui est en train de se constituer", a-t-il déclaré dans l'émission "Questions politiques" sur France Inter.

Le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), faction du groupe nigérian Boko Haram affiliée à l'EI, multiplie les attaques dans le nord-est du Nigeria. Il a récemment revendiqué l'attaque d'Inates dans laquelle 71 soldats nigériens ont trouvé la mort le 10 décembre, à la frontière avec le Mali. 

"Il y a les risques d'extension de ces groupes terroristes vers le Tchad, vers le Nigeria. [...] Des groupes terroristes fonctionnent également en Libye. Tout cela fait un arc des groupes terroristes qui peuvent remonter jusqu'au Levant", a souligné Jean-Yves Le Drian.

Jean-Yves Le Drian balaie les rumeurs sur l'opération Barkhane

Le ministre a par ailleurs de nouveau justifié la nécessité d'un sommet avec cinq chefs d'Etat du Sahel en janvier en France afin qu'ils "clarifient" leurs positions sur la force antijiadiste française Barkhane. Ce sommet, annoncé par le président français Emmanuel Macron sur fond de montée du sentiment antifrançais dans la région, a été perçu comme une "convocation" par beaucoup dans les pays concernés. "On n'a pas convoqué, on a provoqué cette réunion", a assuré Jean-Yves Le Drian.

Le ministre a aussi balayé les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux au Sahel concernant la force Barkhane et sa raison d'être, certains l'accusant de défendre avant tout des intérêts français dans la région.

"J'y vois relativement peu d'intérêts économiques français, en tout cas pas d'intérêts économiques qui nécessiteraient une intervention militaire et ce n'est pas notre genre, a-t-il lancé. "Nous sommes la-bas essentiellement, uniquement pour combattre le terrorisme", a-t-il martelé.
R.Ga avec AFP