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Les partisans de Trump déferlent sur Washington pour une démonstration de force

Donald Trump appelait depuis plusieurs joueurs ses partisans à venir manifester dans la capitale, alors que le Congrès américain doit officialiser sa défaite à l'élection présidentielle.

"On veut Trump", "Stop au vol": des milliers de partisans de Donald Trump se sont retrouvés mercredi dans le centre de Washington pour une démonstration de force au moment où le Congrès doit certifier sa défaite à la présidentielle. Ces hommes et femmes venus de tous les États-Unis ont fait résonner dans la capitale fédérale les accusations d'élection "volée" martelée sans preuve par le président sortant depuis des semaines.

Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler à Washington pour cette journée qui sera "folle", a-t-il prévenu.

"On se battra bec et ongles"

"Nous n'allons pas plier et nous laisser faire, pas question", affirme Sue Ianni, une responsable de "Super Fun Happy America", organisation pro-Trump revendiquant notamment la "fierté hétérosexuelle", qui a affrété six cars pour la manifestation - tous pleins ou presque, soit quelque 300 personnes.

"On ne va pas laisser passer ça, on se battra bec et ongles, il ne s'agit pas que de l'investiture de (Joe) Biden, si jamais elle a lieu", dit-elle. "On n'arrêtera jamais de se battre. Et Trump sera notre président pour les quatre prochaines années, qui que ce soit qu'ils investissent".

Défiant les consignes sanitaires, les fans de Donald Trump attendaient pour la plupart le visage démasqué, qu'il s'adresse à eux en fin de matinée, depuis l'Ellipse, esplanade située au sud de la Maison Blanche.

Originaires de l'Oregon, sur la côte ouest, Katherine Caldwell, 61 ans, et son mari ont roulé pendant cinq jours pour le soutenir dans sa croisade. "Ils ont volé l'élection", "j'en suis absolument sûre", dit-elle. Les élections sénatoriales en Géorgie de la veille ont aussi vu de "la triche", assure-elle, alors que les démocrates semblent en passe de remporter les deux sièges nécessaires pour reprendre le contrôle du Sénat.

"Ils ont encore utilisé les machines frauduleuses, les gens en Géorgie sont corrompus", assure cette femme, coiffée d'un chapeau blanc de cowboy qui agite un grand drapeau rouge barré de la mention "Trump est mon président".

La crainte de débordements

Par crainte d'éventuels débordements, les commerces ont de nouveau installés des panneaux en bois sur leurs vitrines, plusieurs routes ont été coupées à la circulation et les autorités locales ont invité la population à rester chez elle. Des membres de la garde nationale ont été déployés dès mardi et la police, qui a déjà arrêté lundi le leader de la milice d'extrême droite des Proud Boys, a fait savoir qu'elle ne tolèrerait aucune infraction aux restrictions sur le port d'armes à feu.

De précédentes manifestations avaient été émaillées de violences, notamment lors d'affrontements avec des contre-manifestants.

Au-delà de la base, des dizaines d'élus républicains de la Chambre et du Sénat restent fidèles à Donald Trump et ont promis de faire retentir leurs doutes dans l'enceinte du Congrès, qui doit officiellement enregistrer mercredi le vote des grands électeurs: 306 pour Joe Biden, 232 pour Donald Trump.

Leurs objections ne feront pas dérailler cette procédure, la dernière avant la prestation de serment du démocrate le 20 janvier, mais pourraient la ralentir.

S. V. avec AFP