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États-Unis: mis sous pression, Mike Pence va-t-il finalement lâcher Donald Trump?

Le vice-président Mike Pence - Image d'illustration

Le vice-président Mike Pence - Image d'illustration - J. Scott Applewhite © 2019 AFP

Jusqu'ici d'une loyauté sans failles, le vice-président américain est missionné par Donald Trump pour modifier les résultats de l'élection présidentielle du 3 novembre. Un rôle qu'il est dans l'incapacité de tenir.

"S'il nous déçoit, je l'aimerais moins." Par cette simple phrase lâchée au détour d'un meeting lundi en Géorgie, en marge de la double sénatoriale dans cet État, Donald Trump a tenu à accentuer la pression sur son vice-président Mike Pence.

Celui qui est encore président des États-Unis pour quelques jours, et qui refuse encore et toujours d'admettre publiquement sa défaite lors du scrutin présidentiel du 3 novembre dernier, estime que cet homme de confiance a encore le pouvoir de changer l'issue du scrutin. Depuis maintenant près de trois mois, Donald Trump s'évertue à crier à la fraude électorale, sans que cela n'ait jamais été prouvé.

Président du Sénat, Mike Pence présidera la séance conjointe du Congrès, qui doit officialiser ce mercredi le vote de 306 grands électeurs en faveur du démocrate Joe Biden, contre 232 pour Donald Trump, et ainsi entériner définitivement la victoire du Démocrate.

Un simple rôle administratif

Or, lors de cet événement qui n'est en principe qu'une formalité administrative, le rôle de Mike Pence restera limité. Selon la constitution des États-Unis, son rôle consiste à "ouvrir" les certificats envoyés par chacun des 50 États pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. De plus, seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains États.

Selon ABC News, cette incapacité pour Pence de modifier le cours de l'histoire a d'ailleurs été au centre des discussions entre le vice-président et Trump, qui ont déjeuné ensemble mardi. Comme le rapportent plusieurs sources proches du dossier, Pence aurait affirmé qu'il lui était impossible de changer le résultat du scrutin.

Si cette information est avérée, le vice-président risque l'ire de Trump, qui ces derniers jours a multiplié les injonctions à son encontre sur Twitter, son canal de communication favori. "Le vice-président a le pouvoir de rejeter des électeurs choisis de manière frauduleuse", avait-il écrit, faisant référence à une potentielle triche, démentie depuis.

Mercredi aux premières heures de la journée, le locataire de la Maison Blanche a de nouveau posté un message le concernant. "Si le vice-président Mike Pence travaille pour nous, nous remporterons la présidentielle", a-t-il écrit, quelques jours après la publication dans la presse américaine d'un enregistrement où le président américain tente de faire pression sur un responsable électoral, l'invitant à "trouver" des voix pour changer le résultat du scrutin en Géorgie.

Des vues sur 2024?

En réalité, pour avoir le droit d'exprimer des objections sur les résultats d'un État, il faut qu'elles soient portées à l'écrit par au moins deux élus, un de la Chambre et un du Sénat. Dans ce cas, les parlementaires peuvent se retirer dans leurs chambres respectives pour débattre pendant au maximum deux heures sur le cas de cet État en particulier, avant de voter à la majorité simple.

Il faut que l'objection soit adoptée dans les deux chambres pour être retenue, ce qui compte-tenu de la majorité démocrate à la Chambre des représentants n'a aucune chance de se produire. Malgré tout, le tweet de Donald Trump place son vice-président en position délicate.

D'une grande loyauté jusqu'ici, il doit éviter le courroux du président et de ses fervents supporteurs, s'il veut conserver ses chances de se présenter à la primaire républicaine pour la présidentielle de 2024.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV