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Le prospère trafic de passeports syriens faux ou volés

Des migrants à la gare de Milan, en Italie, le 11 juin 2015.

Des migrants à la gare de Milan, en Italie, le 11 juin 2015. - Olivier Morin - AFP

Sur le marché noir, les passeports syriens s’arrachent à prix d’or actuellement. Pour la simple et bonne raison qu’ils permettent d’obtenir plus facilement le droit s’asile dans tous les Etats membres de l’Union européenne.

C’est un commerce en plein essor. Qu’ils soient faux ou volés, les passeports syriens s’arrachent à prix d’or en ce moment. Pour la simple et bonne raison qu’ils permettent d’obtenir plus facilement le droit s’asile dans tous les Etats membres de l’Union européenne.

Mohamed, un réfugié syrien, raconte ainsi au Guardian comment il s’est fait voler son passeport… par son propre passeur, qu’il avait payé plusieurs centaines d’euros pour être conduit aux frontières de l’Europe.

"Effet d'aubaine"

Le 1er septembre dernier, le patron de Frontex (l'agence européenne de surveillance des frontières) tirait la sonnette d’alarme. Fabrice Leggeri expliquait sur Europe 1 qu'un trafic de passeports syriens s’était développé par "effet d’aubaine", notamment "en Turquie".

"Les personnes qui utilisent les faux passeports syriens souvent s'expriment en langue arabe. Elles peuvent être originaires d'Afrique du Nord, du Proche-Orient mais elles ont plutôt un profil de migrant économique", avait-il signalé.

Des risques pour les Syriens eux-mêmes

Les réfugiés syriens eux-mêmes pâtissent de ce trafic florissant. Outre les vols dont ils sont régulièrement victimes, ils s’inquiètent de l'arrivée massive de prétendus Syriens et des risques que ces dernier font peser sur leurs propres chances d’obtenir l’asile.

"La situation est très préoccupante, et elle pourrait expliquer pourquoi ma demande d’asile prend autant de temps", s’inquiète Hashem, réfugié en Suède, au Guardian."Les fonctionnaires passent beaucoup plus de temps à vérifier l’authenticité des documents fournis en provenance de Syrie".

Tout le monde veut être Syrien

Interrogée par l’agence Associated Press (AP), une source au sein de la police des frontières serbe estime que 90% des migrants arrivant de Macédoine affirment être Syrien, sans toutefois pouvoir présenter le moindre document permettant de le prouver.

"Vous comprenez que quelque chose ne tourne pas rond quand la plupart de ceux qui traversent la Serbie disent qu'ils sont nés un 1er janvier", raconte cette source à AP. "Je suppose que c’est la première date qui leur vient à l’esprit".

Sur les plus de 380.000 migrants et réfugiés arrivés en Europe depuis janvier par la Méditerranée, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), la majorité est originaire de pays en conflits: 51% sont des Syriens, 14% des Afghans, 8% des Erythréens, 4% des Irakiens, 2% des Somaliens et 2% des Soudanais.

C. P.