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Le père d'un soldat mort au combat affirme que Trump lui a promis 25.000 dollars sans tenir parole

Donald Trump et Mike Pence

Donald Trump et Mike Pence - AFP

Dans les colonnes du Washington Post, le père d'un soldat américain tombé en Afghanistan en juin dernier assure que le président des Etats-Unis a promis de lui faire un chèque de 25.000 dollars mais n'a pas honoré sa parole.

Dillon Baldridge, caporal de l'armée américaine, est mort le 10 juin dernier en Afghanistan. Cette tragédie est le point de départ de la dernière polémique en date troublant la présidence Trump. Le père du soldat, Chris Baldridge, ouvrier dans le bâtiment, a assuré au Washington Post dans un article publié ce mercredi qu'il avait reçu l'appel de Donald Trump quelques semaines après la mort de son fils. Au cours de celui-ci, le président américain lui aurait promis un chèque de 25.000 dollars, provenant de sa fortune personnelle, et l'organisation d'une levée de fonds par son cabinet. Plusieurs mois plus tard, Chris Baldridge attend toujours.

"J'étais scié"

La conversation, longue de quinze minutes, a d'abord roulé, a retracé Chris Baldridge, sur les circonstance troubles de la mort de Dillon, 22 ans, abattu avec deux autres soldats par un policier afghan. "Je lui dis: 'Ma femme et moi, on aurait préféré qu'il soit mort au combat dans des tranchées. C'est comme s'il avait été assassiné là-bas'", s'est souvenu cet homme, résident de Zebulon, en Caroline du Nord. Plus tard, Chris Baldridge aurait fait allusion au fait que son ex-femme - et mère du soldat - avait touché 100.000 dollars de la part du Pentagone, au titre d'une réparation versée au bénéficiaire désignée, et pas lui, pourtant dans une situation difficile.

"Il m'a dit: 'Je vais vous faire un chèque de 25.000 dollars, pris sur mon argent personnel. J'étais scié. Je ne pouvais pas croire ce qu'il me disait. J'aurais dû l'enregistrer. Il a dit: 'Aucun président n'a jamais fait ça, mais moi je vais le faire'", a-t-il raconté 

Pourtant à ce jour, si Chris Baldridge a bien reçu une lettre de condoléances de la Maison Blanche, il n'a pas reçu de chèque et n'a plus jamais entendu parler d'une hypothétique levée de fonds. 

La Maison blanche nie

Contactée par le Washington Post, Lindsay Walters, une porte-parole de la présidence, a rétorqué: "Le chèque a bien été envoyé. C'est dégoûtant de la part des médias de s'emparer d'un fait qui devrait être reconnu comme un geste généreux et sincère, fait en privé par le Président, et de l'utiliser pour servir leur agenda biaisé". 

C'est la seconde controverse soulevée autour de Donald Trump et de la question de son coup de fil à une famille américaine endeuillée par la guerre en vingt-quatre heures. La représentante démocrate de Floride Frederica Wilson, présente sur place à ce moment-là, a déclaré que la veuve d'un soldat américain mort en opération au Niger s'était entendue dire au cours d'une discussion avec le président des Etats-Unis ce mardi: "Il savait à quoi s'attendre en s'engageant... mais quand cela arrive, c'est douloureux de toute façon". Sur Twitter, Donald Trump a d'ores et déjà nié avec force avoir tenu des propos d'une telle maladresse. 

Dans ce cas, comme dans celui du coup de téléphone passé à Chris Baldridge, deux versions sont donc condamnées à s'affronter. 

Robin Verner