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Le patron de l'espionnage irakien évoque un plan de Daesh pour faire évader ses combattants de prison

Saad al-Allaq

Saad al-Allaq - CNN

Saad al-Allaq, patron du renseignement militaire irakien, a accordé un entretien à CNN, diffusé ce lundi. Il a assuré que des cadres de Daesh se trouvaient désormais en Turquie, d'où ils administraient la fortune du groupe et pilotaient une opération visant à libérer leurs combattants détenus en Syrie.

Par sa fonction, le lieutenant-général Saad al-Allaq, patron du renseignement militaire irakien, est tenu à la discrétion. Mais s'il a accordé un entretien à la chaîne américaine CNN, diffusé ce lundi, c'est qu'il craint, éléments à l'appui, une résurgence de Daesh, pour l'heure vaincu militairement et dépourvu de tout territoire. La menace est double, selon l'officier. D'une part, il a assuré que des cadres de la milice islamiste avaient pu échapper à la captivité, se trouvaient désormais en Turquie, avec à dispositions d'énormes liquidités, et tentaient depuis cet exil de reconstituer de nouvelles cellules terroristes. 

Saad al-Allaq a expliqué que ces "émirs" du soi-disant "Califat" avaient réussi à passer les lignes des Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, après la chute de Baghouz en mars dernier, et étaient parvenus à gagner Gaziantep, dans le sud de la Turquie, en payant des passeurs. "Ces éléments qui se trouvent, au moment même où je vous parle, en Turquie, jouent un rôle-clé dans le recrutement de combattants et de terroristes", a-t-il posé. 

"Abattez les grillages" 

L'Irakien a montré à CNN neuf dossiers dressés autour de personnalités de Daesh dont il estime qu'elles opèrent depuis le pays de Recep Tayyip Erdogan. Deux d'entre eux sont des mandats d'arrêt portant sur des hommes considérés comme des artificiers du groupe salafiste, Khair-Allah Abdullah Fatthi et Hussein Farhan Asslebi al Jumaili, que le lieutenant-général décrit comme au nombre des "meilleurs faiseurs de bombes de Daesh". 

La Turquie, de son côté, a annoncé plusieurs arrestations de membres de l'armée à la bannière noire et a déclaré avoir gelé des millions de dollars possédés par cette dernière. 

Saad al-Allaq a souligné l'existence d'un autre péril. D'après son témoignage, les reliquats de Daesh piloteraient actuellement un projet baptisé "Abattez les grillages" visant à attaquer les camps et les prisons où sont détenus ses combattants pour les en libérer et aider à la résurgence de la puissance de l'organisation en Syrie et en Irak. Le média américain rappelle que 10.000 soldats du prétendu "Califat" étaient placés sous la surveillance du FDS, auxquels s'ajoutent 70.000 femmes et enfants. "La communauté internationale devrait fournir des efforts gigantesques pour régler ce problème parce que ces criminels... sont à même de quitter ces camps, de retourner dans leurs pays et par conséquent, ils posent un grand danger pour l'Europe, l'Asie, et le nord-ouest de l'Afrique", a commenté Saad al-Allaq. 

Robin Verner