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Le ministre du Logement américain fait un parallèle entre les esclaves et les immigrés

Ben Carson, le ministre du Logement américain.

Ben Carson, le ministre du Logement américain. - ALEX WONG - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Le ministre du Logement, et ex-candidat à l'investiture républicaine en vue de la présidentielle, Ben Carson, a comparé les esclaves liés à l'histoire des Etats-Unis à des "immigrés" nourrissant le "rêve" américain.

Le ministre du Logement de Donald Trump, Ben Carson a déclenché un tollé ce lundi en affirmant que les esclaves étaient des immigrés qui avaient aussi "un rêve" américain.

"C'est ça l'Amérique: une terre de rêves et d'opportunités", a déclaré le ministre lors d'un discours devant les fonctionnaires de son ministère, le jour de l'adoption par l'administration Trump d'un nouveau décret migratoire. "Il y a eu d'autres immigrés qui sont venus ici au fond des navires négriers, qui ont même travaillé plus longtemps et plus dur et pour moins", a ajouté Ben Carson. "Mais eux avaient aussi le rêve qu'un jour leurs fils, leurs filles, leurs petits-fils, leurs petites-filles, leurs arrière-petits-fils, leurs arrière-petites-filles puissent trouver la richesse et le bonheur sur cette terre", a-t-il conclu.

Les associations sont indignées 

"Des immigrés???", s'est demandé aussitôt sur Twitter la grande organisation de défense des droits des Noirs, la NAACP.

Ces remarques sont "tragiques, choquantes et inacceptables", a estimé pour sa part le Anne Frank Center USA, qui fait vivre la mémoire de la jeune fille juive, morte en déportation. "Non, monsieur Carson, les esclaves n'ont pas immigré en Amérique. Ils ont été amenés ici violemment, contre leur volonté, et ont vécu ici privés de liberté", a poursuivi le centre.

Ben Carson, ancien chirurgien et rival malheureux de Donald Trump aux primaires du Parti républicain, n'en est pas à sa première déclaration outrancière. En 2013, il avait affirmé que la réforme du système de santé Obamacare était "la pire chose qui soit arrivée à ce pays depuis l'esclavage". "Et c'est, d'une certaine façon, de l'esclavage, car cela nous asservit tous à l'Etat", avait-il lancé.

R.V. avec AFP