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Le Japon revoit la sécurité de ses centrales nucléaires

Vue aérienne de la centrale de Fukushima-Daiichi. Le gouvernement japonais a annoncé mercredi une mise à jour des règles de sécurité pour les 55 centrales de l'archipel, après l'accident qui a frappé celle de Fukushima. /Photo prise le 24 mars 2011/REUTER

Vue aérienne de la centrale de Fukushima-Daiichi. Le gouvernement japonais a annoncé mercredi une mise à jour des règles de sécurité pour les 55 centrales de l'archipel, après l'accident qui a frappé celle de Fukushima. /Photo prise le 24 mars 2011/REUTER - -

TOKYO (Reuters) - Le ministère japonais du Commerce a annoncé mercredi une mise à jour des règles de sécurité pour les 55 centrales nucléaires du pays, après l'accident qui a frappé la centrale de Fukushima-Daiichi.

par Risa Maeda

TOKYO (Reuters) - Le ministère japonais du Commerce a annoncé mercredi une mise à jour des règles de sécurité pour les 55 centrales nucléaires du pays, après l'accident qui a frappé la centrale de Fukushima-Daiichi.

Il va en outre revoir sa politique énergétique pour promouvoir les énergies renouvelables et réduire les coupures de courant.

Par ailleurs, Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, est arrivée au Japon avec trois experts pour évaluer l'aide que le groupe nucléaire français pourrait apporter à Tepco, l'opérateur privé de Fukushima.

Au même moment, les autorités japonaises faisaient état d'un niveau de radioactivité plus de 3.000 fois supérieur à la limite autorisée dans l'eau de mer au large de la centrale accidentée à la suite du séisme et du tsunami dévastateurs du 11 mars.

Dans un communiqué, le ministère du Commerce dit qu'à compter de la mi-avril, les centrales nucléaires devront disposer de groupes électrogènes mobiles et de camions de pompiers équipés de lances à incendie pour pouvoir intervenir à tout moment afin d'assurer le refroidissement des réacteurs et des piscines dans lesquelles est stocké le combustible usé.

Les exploitants des centrales devront en outre revoir leurs manuels de fonctionnement et organiser la formation de leur personnel en tenant compte des nouvelles mesures de sécurité.

"Ainsi que le Premier ministre (Naoto) Kan l'a dit lors de débats parlementaires, je pense que nous devrions aussi mettre l'accent sur des sources d'énergie renouvelable telles que l'énergie solaire", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre du Commerce, Banri Kaieda. "Nous devrions discuter de l'ensemble de notre politique énergétique."

MUR DE 12 MÈTRES

Les mesures de sécurité ordonnées par le ministère visent à empêcher un tsunami de couper le courant et d'arrêter les systèmes de refroidissement des réacteurs et des piscines contenant les barres de combustible usé.

Elles n'exigent pas nécessairement un arrêt de l'activité de la centrale, a précisé Banri Kaieda. "Ce sont les mesures minimales auxquelles nous avons pensé pour l'instant et qui doivent être prises immédiatement."

Tepco a cependant confirmé qu'il devrait renoncer à utiliser les réacteurs 1 à 4 de Fukushima-Daiichi, abîmés par l'eau de mer utilisée pour les refroidir.

Quant aux réacteurs 5 et 6, et à ceux de la centrale proche de Fukushima-Daini, Tepco prendra l'avis des autorités et des riverains avant leur redémarrage éventuel.

Les compagnies japonaises d'électricité ont déjà annoncé leur intention d'améliorer les mesures de sécurité.

Chubu Electric Power Co a annoncé la semaine dernière qu'il construirait un mur de 12 mètres pour protéger sa centrale de Hamaoka située dans une région côtière où le gouvernement a prédit une forte probabilité de puissant séisme dans les trente ans à venir.

Kansai Electric Power Co, qui dessert Osaka, deuxième métropole du Japon, consacrera entre 50 et 100 milliards de yens (620 millions et 1,23 milliard de dollars) à l'amélioration de la sécurité dans ses centrales nucléaires.

Près de 90% des 54 réacteurs du Japon ne se sont pas encore conformés aux nouvelles normes de sécurité contre les tsunamis édictées en 2006.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) organisera du 20 au 24 juin à Vienne une réunion sur la sûreté nucléaire, après la crise au Japon, a-t-on appris de source diplomatique dans la capitale autrichienne.

Clément Guillou, Pierre Sérisier et Nicole Dupont pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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