BFMTV

Le Japon mise sur les circuits de refroidissement de Fukushima

Vue satellite de la centrale atomique endommagée de Fukushima Daiichi. Les ingénieurs japonais ont rétabli lundi l'électricité dans trois des six réacteurs dont ils comptent tester rapidement les systèmes de refroidissement. /Image diffusée le 18 mars 201

Vue satellite de la centrale atomique endommagée de Fukushima Daiichi. Les ingénieurs japonais ont rétabli lundi l'électricité dans trois des six réacteurs dont ils comptent tester rapidement les systèmes de refroidissement. /Image diffusée le 18 mars 201 - -

Les ingénieurs japonais ont rétabli lundi l'électricité dans trois des six réacteurs de la centrale atomique accidentée de Fukushima-Daiichi dont ils comptent tester rapidement les systèmes de refroidissement.

Cette étape pourrait constituer un premier progrès tangible dans la crise nucléaire la plus grave depuis Tchernobyl en 1986.

La pluie s'est mise à tomber lundi sur le site mais les vents soufflent vers le Pacifique, épargnant Tokyo, située à 240 km au sud de la centrale endommagée par le séisme et le tsunami qui ont fait plus de 21.000 morts et disparus le 11 mars.

Les trois cents techniciens qui travaillent jour et nuit à l'intérieur de la zone dangereuse ont annoncé le raccordement de câbles électriques aux réacteurs n°2, 5 et 6. Mais la pression augmente dans le réacteur n°3, qui contient du plutonium et où les ingénieurs pourraient envisager de libérer de la vapeur, a déclaré l'Autorité japonaise de sûreté nucléaire lundi matin.

Si les pompes à eau, qui permettraient d'éviter une surchauffe des barres de combustible et une diffusion plus importante de la radioactivité, ne fonctionnent pas, une solution "à la Tchernobyl" pourrait être adoptée, consistant à enfouir toute la centrale sous des tonnes de sable et de béton.

En attendant, après avoir essayé des hélicoptères bombardiers d'eau, les autorités ont envoyé des camions de pompiers pour arroser les réacteurs à l'aide de lances à eau.

"Il y a eu des développements positifs au cours des dernières 24 heures mais globalement, la situation reste très grave", a déclaré Graham Andrew, haut responsable de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

UNE RESCAPÉE DE 80 ANS

Le président de la commission de régulation du nucléaire des Etats-Unis, Gregory Jaczko, a déclaré que les niveaux de radiation autour de la centrale semblaient diminuer mais de nouveaux cas de contamination sont apparus.

Le ministère de la santé a enjoint à un certain nombre d'habitants des zones proches de la centrale de ne pas boire l'eau du robinet en raison d'un niveau élevé d'iode radioactive, rapporte l'agence Kyodo.

Des légumes et du lait contaminés détectés samedi avaient déjà suscité l'inquiétude en dépit des assurances des autorités, qui répètent que les niveaux de radioactivité ne sont pas dangereux pour la santé humaine.

Le gouvernement a interdit la vente de lait cru en provenance de la préfecture de Fukushima et pourrait annoncer lundi de nouvelles restrictions sur des produits alimentaires.

Des expatriés, des touristes, des autochtones aussi ont quitté Tokyo en hâte par crainte de radiations.

Parallèlement à cette crise se poursuivent les efforts pour retrouver des survivants du séisme de magnitude 9 et du mur d'eau de dix mètres de haut qui ont balayé le nord-est du pays le 11 mars dernier.

Le dernier bilan fait état de 8.450 morts et 12.931 disparus mais la police dit redouter plus de 15.000 morts dans la seule préfecture de Miyagi, la plus touchée par la catastrophe.

La télévision a diffusé en boucle dimanche les images d'une vieille femme de 80 ans et de son petit-fils de 16 ans qui ont pu être récupérés en vie dans leur maison en ruines neuf jours après le tremblement de terre.

Le désastre a fait plus de 350.000 sans-abri, essentiellement dans le nord du pays où la neige et des températures glaciales entravent le travail des secours.

Le séisme et le tsunami pèseront ces prochains mois sur la croissance nippone mais la reconstruction, qui pourrait durer cinq ans, redonnera ensuite un coup de fouet à l'économie, a estimé la Banque mondiale dans un rapport publié lundi.

Les premières estimations des dégâts du séisme et du tsunami au Japon varient dans une fourchette de 122 à 235 milliards de dollars. Le séisme de Kobe, qui a fait plus de 6.400 morts en 1995, avait coûté quelque 100 milliards de dollars.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

dossier :

Fukushima

REUTERS