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Le chef des Républicains à la Chambre des représentants a accusé Trump d'être payé par Poutine

Kevin McCarthy (à gauche) et Paul Ryan (au centre).

Kevin McCarthy (à gauche) et Paul Ryan (au centre). - ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le Washington Post publie ce mercredi un article faisant état d'une conversation enregistrée en juin 2016 entre plusieurs dirigeants du Parti républicain. L'un d'entre eux avait alors accusé Donald Trump d'être payé par la Russie.

Deux grands coups ont émaillé l'actualité de la politique américaine ce mercredi. Tout d'abord, NBC News a révélé que le ministère de la Justice américain avait décidé de nommer un procureur spécial pour enquêter sur la possible ingérence de la Russie dans la dernière campagne présidentielle, et d'éventuels liens entre l'équipe de Donald Trump et le pouvoir russe. Ce procureur spécial sera Robert Mueller, 72 ans et ancien directeur du FBI. Cette nomination intervient après qu'il y a quelques jours Donald Trump a limogé James Comey, qui dirigeait le fameux "Bureau" et enquêtait justement sur ces hypothétiques collusions. Mais ce même jour, et toujours par voie de presse, un autre élément est venu ébranler la présidence américaine. 

Selon le Washington Post, le 15 juin 2016, soit un mois avant que le milliardaire devienne officiellement le candidat des Républicains à la Maison Blanche face à Hillary Clinton, Kevin McCarthy, chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants des Etats-Unis, a accusé, lors d'une discussion avec d'autres dirigeants de sa famille politique, Donald Trump d'être payé par Vladimir Poutine. Le quotidien de Washington assure s'appuyer sur un enregistrement de cette conversation. 

"Pas de fuite, on est d'accord?"

La scène est alors la suivante. Le 15 juin 2016, Kevin McCarthy, chef des Républicains à la Chambre des représentants et Paul Ryan, le président (ou "speaker" dans la titulature originale) de cette même institution ont des entretiens séparés avec Volodymyr Groysman, le Premier ministre de l'Ukraine. Celui-ci dit à l'un comme à l'autre que le Kremlin verse de l'argent à certaines personnalités politiques pour déstabiliser des Etats à l'est de l'Europe.

Après ces échanges, Kevin McCarthy et Paul Ryan, ainsi que quelques autres, se retrouvent dans des locaux du Capitole, l'édifice qui accueille le Congrès des Etats-Unis à Washington. C'est ici que débute le conversation, enregistrée, que s'est procurée le média, près d'un an plus tard. Kevin McCarthy, par ailleurs un proche du futur président, lance devant ses collègues: "Il y a deux personnes que je pense payées par Poutine: Rohrabacher et Trump". L'autre personnage cité est Dana Rohrabacher, un Républicain de Californie, connue pour ses positions russophiles. Certains de ses interlocuteurs rient alors. Kevin McCarthy leur décoche aussitôt: "Je le jure devant Dieu". Sur ces entrefaites, Paul Ryan intervient dans l'échange. "C'est du off", dit-il. Puis, il intime aux présents de garder le secret: "Pas de fuite, on est d'accord? C'est dans ces moments-là qu'on reconnaît sa famille". Ensuite, il renchérit: "Ce qui se dit en famille, ne sort pas de la famille". 

Des porte-paroles embarrassés 

Evan McMullin, figure conservatrice de la politique américaine et qui avait participé à la discussion du 15 juin 2016, a confirmé au Washington Post que ces propos avaient bien été tenus. "C'est vrai. McCarthy a dit qu'il pensait que le candidat Trump touchait de l'argent du Kremlin. Le speaker Ryan s'inquiétait d'une fuite." Interrogés par le journal, les porte-paroles de Paul Ryan et Kevin McCarthy ont d'abord nié puis ont évoqué des "tentatives d'humour" de la part de leurs patrons. 

Pour le moment, Donald Trump n'a pas réagi à l'exhumation de ces déclarations. Il a cependant donné son mot, comme le rapporte le New York Times, sur l'introduction dans les investigations d'un procureur spécial. Il a assuré qu'une "enquête complète" démontrerait qu'il n'existait "aucun lien" entre sa campagne et "une entité étrangère". Il a ajouté qu'il espérait que cette enquête soit "rapidement conclue". 

Robin Verner