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Le chanteur Ryan Adams accusé de comportements abusifs par sept femmes, dont Mandy Moore

Ryan Adams en 2015 à Coachella en Californie

Ryan Adams en 2015 à Coachella en Californie - Frazer Harrison - Getty Images North America - AFP

Plusieurs femmes du passé du chanteur se sont confiées au New York Times. Toutes évoquent des comportements similaires, notamment du chantage et de la manipulation.

Le chanteur américain Ryan Adams a-t-il abusé de son influence auprès de jeunes artistes féminines? Dans une enquête publiée mercredi par le New York Times, sept femmes qui ont croisé la route du chanteur dans le cadre de leur carrière décrivent divers comportements abusifs, tous niés par le principal intéressé. Parmi elles figure la chanteuse et actrice Mandy Moore, star de la série à succès This Is Us, mariée au chanteur de 2009 à 2016. 

Ryan Adams est une super-star du rock alternatif aux États-Unis. Les récits des sept femmes interrogées par le New York Times sont similaires les uns aux autres: il leur aurait fait miroiter des opportunités professionnelles tout en installant un climat de séduction, allant jusqu'aux échanges sexuels ou aux relations de couple. Se positionnant comme un potentiel mentor et un tremplin pour leurs carrières, il aurait retiré ses offres professionnelles en cas de rejets. 

Des musiciennes souvent (beaucoup) plus jeunes

Les sept interlocutrices du New York Times ont découvert récemment que leurs expériences étaient similaires et ont décidé de s'exprimer. Le journal évoque d'abord le témoignage d'une jeune bassiste âgée de 14 ans au moment des faits supposés, en 2013. Ryan Adams en avait 39. Elle serait entrée en contact avec lui sur Twitter et leurs messages seraient devenus explicites. Le journal note que le chanteur lui posait régulièrement des questions sur son âge, et qu'elle a plusieurs fois prétendu être plus vieille qu'elle ne l'était. 

La chanteuse Phoebe Bridgers raconte avoir rencontré Ryan Adams lorsqu'elle avait 20 ans pour travailler sur sa musique. Au cours de leur relation, il serait devenu obsessionnel, l'inondant de textos et l'obligeant à lui prouver où elle se trouvait. Il l'aurait néanmoins invitée à assurer ses premières parties après leur rupture: "Le premier jour, il m'a demandé de lui apporter quelque chose dans sa chambre d'hôtel. Je suis arrivée et il était entièrement nu."

"Tu n'es pas une vraie musicienne"

Mandy Moore, quant à elle, évoque le contrôle qu'il aurait exercé sur elle lors de leur mariage: "Il me disait toujours: 'Tu n'es pas une vraie musicienne parce que tu ne joues pas d'instrument'", se souvient-elle:

"Le contrôle qu'il exerçait a empêché ma capacité à me créer de nouveaux contacts dans l'industrie, à une période charnière et potentiellement lucrative: la deuxième moitié de ma vingtaine." 

Deux femmes évoquent également des chantages au suicide, des intimidations physiques ou des menaces de poursuites judiciaires. Son ex-fiancée Megan Butterworth évoque également une propension à jeter des objets, clarifiant cependant qu'il ne l'a jamais frappée.

Par le biais de son avocat, le musicien nie tous les comportements qui lui sont reprochés. Dans les colonnes du New York Times, son conseil assure notamment qu'il "nie les accusations extrêmement sérieuses et étranges" dont il fait l'objet et qu'il n'a jamais entretenu de "communications sexuelles inappropriées en ligne avec une personne qu'il savait mineure". Quand Phoebe Bridgers raconte une relation abusive, lui évoque "un béguin bref et consenti".

Excuses et explications sur Twitter

Après la publication de l'article, il a publié trois messages explicatifs sur Twitter:

"Je ne suis pas un homme parfait et j'ai fait beaucoup d'erreurs. Je présente mes excuses profondes et entières à toutes les personnes que j'aurais blessées, même si ça n'a pas été intentionnel. Mais le portrait que dresse cet article est inexact et cela me bouleverse. Certains de ses détails sont mal représentés; certains sont exagérés, d'autres sont tout bonnement faux. Je n'aurais jamais d'échanges inappropriés avec une personne que je soupçonnerais d'être mineure."
Benjamin Pierret