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La violence inédite du discours de Donald Trump à l'ONU

Lors de son discours mardi devant l'assemblée générale des Nations Unies, le président américain s'en est violemment pris à la Corée du Nord et à l'Iran, qualifiés d'"Etats voyous".

Pour son premier discours très attendu à la tribune de l’ONU, le président américain n’a pas mâché ses mots. Pendant 45 minutes, Donald Trump a abordé les dossiers brûlants de la Corée du Nord, la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien et le Venezuela.

C’est toutefois contre le régime de Kim Jong-un que le président américain a eu les mots les plus durs, prévenant qu'il était prêt à le "détruire totalement" si les Etats-Unis "doivent défendre (leur) pays et (leurs) alliés".

"Les Etats-Unis font preuve d’une grande force et d’une grande patience. Mais si nous sommes forcés de nous défendre ou défendre nos alliés, nous n’aurons pas d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord. 'Rocket Man' est en mission-suicide, pour lui et pour son régime", a lancé Donald Trump devant l’assemblée générale, en faisant référence à Kim Jong-un.

"C’est la phrase la plus forte de ce discours. C’est une menace très claire, si la Corée du Nord n’arrête pas son programme nucléaire", analyse sur notre antenne Ulysse Gosset, éditorialiste en politique étrangère pour BFMTV, revenant sur un "discours très alarmiste et très offensif de Donald Trump".

Donald Trump s’est aussi attaqué à l’Iran, qu’il a qualifié de "dictature corrompue". "Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices (...) et nous ne pouvons pas respecter un accord s'il sert à couvrir l'éventuelle mise en place d'un programme nucléaire", a-t-il martelé.

Le président des Etats-Unis a par ailleurs désigné l’accord nucléaire de 2015, conclu sous la présidence Obama, comme une "honte" et l'"un des pires auxquels les Etats-Unis aient jamais participé".

Reprenant un élément de langage récurrent dans la rhétorique américaine sur la politique extérieure, initié par Ronald Reagan puis ré-employé par nombre de ses successeurs, Donald Trump a également dénoncé les "Etats voyous" (“Rogue states") qui "violent tous les principes sur lesquels reposent les Nations Unies". 

"Un discours extrêmement dur, menaçant"

Le président américain n’a pas non plus épargné le Venezuela. Épinglant le régime de Nicolas Maduro comme une "dictature socialiste", Donald Trump a dénoncé une "situation inacceptable". "Nous ne pouvons pas rester sans rien faire", a-t-il insisté, se disant prêt "à de nouvelles actions".

"On voit que c’est un discours extrêmement dur, menaçant, qui reprend les diatribes de Donald Trump des dernières semaines", estime Ulysse Gosset, soulignant une prise de parole "dans l'enceinte des Nations Unies, un organisme censé favoriser la négociation et la recherche du consensus".

Pour François Durpaire, consultant Etats-Unis de BFMTV, les mots de Trump sont teintés d'un "manichéisme assumé". "C’est la fin de l’idée de 'monde complexe' de Barack Obama et le retour des 'ennemis' de l’Amérique", analyse-t-il sur notre antenne.

"Il a remercié les Nations Unies à plusieurs reprises"

"Certes, ce qu’il a dit sur la Corée du Nord est extrêmement violent, très très fort et également les propos sur l’Iran, mais il n’y avait aucune proposition concrète, aucun calendrier, (...) pas de date limite", tempère Robert Holloway, correspondant de l’AFP à l’ONU de 1999 à 2003.

"Il est revenu plusieurs fois sur l’importance de travailler en harmonie, (...) il a remercié les Nations Unies à plusieurs reprises", souligne le journaliste sur notre plateau.

Sur le dossier nord-coréen, le président américain a en effet reconnu le rôle des Nations Unies: "Les Etats-Unis sont prêts, disposés à agir. Mais espérons-le, ce ne sera pas nécessaire, et c’est ce pour quoi les Nations Unies existent."

Liv Audigane