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Trump à l'ONU, un premier discours attendu et redouté

Donald Trump, le 15 septembre 2017.

Donald Trump, le 15 septembre 2017. - Mandel Ngan - AFP

Huit mois après son arrivée à la Maison Blanche, le président américain s'apprête à faire sa grande entrée au sein de l'enceinte onusienne. A l'occasion de la 72e Assemblée générale de l'ONU, Donald Trump prendra la parole face à une centaine de dirigeants, mardi matin, à New York. Un discours hautement attendu.

Tous les dirigeants de la planète seront rassemblés pour l'écouter. Mardi matin, Donald Trump s'exprimera pour la première fois de son mandat présidentiel face à l'Assemblée générale des Nations unies, un rendez-vous annuel qui se tient au siège de l'institution, à New York. Face à lui, ses homologues du monde entier, qui l'attendront sans nul doute sur les dossiers brûlants du moment, tels que la Corée du Nord, le Venezuela, ou encore la Birmanie.

Une initiative controversée

Le président américain va en réalité prendre la parole à deux reprises à la tribune. Et son premier grand saut aura lieu ce lundi, à 14 heures locales (20h françaises). Donald Trump ouvrira en effet le bal des prises de parole, des entretiens bilatéraux, et des débats, en présidant une cérémonie consacrée à la réforme de l'ONU. Au cours de ce premier rendez-vous, 130 pays endosseront une initiative américaine visant à pousser les Nations unies à impulser leur changement. Tour à tour, Donald Trump, son ambassadrice à l'ONU Nikki Haley et le secrétaire général des Nations Unies, le Portugais Antonio Guterres, prendront la parole.

En août, les Etats-Unis avaient approché une quinzaine de capitales, dont Berlin et Londres, mais ni Paris ni Rome, avec un premier projet de texte insistant sur la responsabilité du secrétaire général dans les réformes. L'objectif affiché est aussi de rendre "plus efficace et performante" une organisation souvent taxée de lourdeurs administratives coûteuses.

L'isolationniste Donald Trump, qui n'a jamais caché son mépris pour l'ONU, et qui, avant son élection l'avait qualifié dans un tweet de "club" où les gens "se rassemblent, bavardent et passent un bon moment", veut voir ses coûts fortement réduits, car pour rappel Washington est le premier contributeur financier aux Nations unies. Mais le texte américain fait grincer des dents, beaucoup de signataires lui reprochant de se borner à lister de grands principes.

Un premier discours et des sujets brûlants

Mardi, Donald Trump s'attèlera à une tache nettement moins aisée: celle du discours devant l'Assemblée générale. Pour une première, le défi est de taille pour le locataire de la Maison Blanche, qui se devra d'aborder les sujets brûlants du moment, en tête desquels la Corée du Nord, la Birmanie, ou encore le Venezuela. Tout en articulant sa vision de la place des Etats-Unis dans un monde traversé de profondes secousses. Un exercice difficile, et pour lequel le président américain sera scruté dans le monde entier.

"C'est un discours sans équivalent, une occasion unique pour le président de parler au monde entier", souligne Ben Rhodes, ancien conseiller et plume de Barack Obama. Et celui qui a travaillé sur les huit discours à l'ONU de l'ancien président démocrate de souligner à quel point chaque mot doit être pesé: "Une simple ligne dans le discours peut marquer une nouvelle orientation et avoir des répercussions dans la communauté diplomatique pendant des mois".

La montée à la tribune lors de cette grand messe diplomatique annuelle pourrait s'avérer délicate pour le 45e président de l'histoire américaine. Car outre les sujets d'actualité, il sera bien sûr très attendu sur la Russie, sujet qui empoisonne sa présidence depuis le premier jour, ou encore sur le climat, sur lequel il s'est complètement isolé en se retirant de l'accord de Paris, un texte pourtant signé par... 194 autres pays.

Quel ton pour le discours de Trump?

Il convient enfin de rappeler que Donald Trump, novice en politique à son arrivée au pouvoir, a eu peu d'occasions de prononcer de grands discours. Celui de sa prestation de serment avait surpris par sa virulence, son style abrupt, au son de "l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique!". Son discours devant le Congrès, quelques semaines plus tard, avait au contraire frappé par son ton mesuré.

Le cadre, la solennité des bâtiments des Nations unies devraient -sauf surprise- l'inciter à garder les yeux sur le texte qui défilera sur les téléprompteurs placés devant lui, et à ne pas faire tomber le filtre, comme il le fait quotidiennement sur Twitter.

Adrienne Sigel avec AFP