BFMTV

La Turquie appelle au départ du coordinateur américain pour la lutte contre Daesh

L'envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale en Syrie et en Irak, Brett McGurk, le 19 février 2017 à Munich lors de la Conférence sur la sécurité

L'envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale en Syrie et en Irak, Brett McGurk, le 19 février 2017 à Munich lors de la Conférence sur la sécurité - Christof STACHE, AFP/Archives

L'armement de milices kurdes par les Etats-Unis a exacerbé les tensions entre Ankara et Washington. La Turquie a appelé jeudi au départ du coordinateur américain dans la lutte contre Daesh.

Le ministre turc des Affaires étrangères a appelé jeudi au départ de l'envoyé spécial américain auprès de la coalition internationale en Syrie et en Irak, Brett McGurk, l'accusant de soutenir les milices kurdes syriennes et les séparatistes kurdes turcs.

"Il serait bon que cette personne soit remplacée", a déclaré Mevlüt Cavusoglu jeudi dans une interview à la chaîne privée NTV, affirmant que Brett McGurk "soutient clairement" les milices kurdes syriennes YPG et les séparatistes kurdes turcs du PKK, deux groupes considérés comme "terroristes" par Ankara.

Rencontre Trump-Erdogan

Ces déclarations surviennent après la rencontre mardi à Washington du président turc Recep Tayyip Erdogan et de son homologue américain Donald Trump, au cours de laquelle ils ont promis de renforcer leur "partenariat stratégique" et leurs "relations exceptionnelles".

Mais les discussions entre les deux chefs d'Etat se sont tenues dans un contexte tendu, après que Washington a annoncé la semaine dernière la livraison prochaine d'armes aux YPG (Unités de protection du peuple kurde).

La Turquie prête à réagir en cas d'attaque des YPG

Les Etats-Unis considèrent la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, comme leur allié le plus efficace sur le terrain en Syrie contre les jihadistes du groupe Daesh. Mais la Turquie estime que ces milices sont un prolongement en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation séparatiste classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux. La Turquie redoute que ces armes finissent par être utilisées contre elle par les Kurdes.

Le président Erdogan avait exhorté l'administration Trump à revenir "sans délai" sur cette décision.S'adressant à la presse à bord de l'avion le ramenant de Washington, Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'en cas d'attaque des YPG contre la Turquie, Ankara agirait "sans rien demander à personne", selon des propos rapportés par le quotidien Hürriyet.

G.D. avec AFP