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La Nouvelle-Zélande va fournir gratuitement des protections hygiéniques dans ses écoles

Une poignée de tampons en coton. (Photo d'illustration)

Une poignée de tampons en coton. (Photo d'illustration) - Loic Venance - AFP

Selon la Première ministre néo-zélandaise, 95.000 jeunes filles dans le pays sont touchées par la précarité menstruelle, et manquent l'école lorsqu'elles ont leurs règles, car les protections hygiéniques sont trop chères.

Le gouvernement néo-zélandais a annoncé mercredi un plan pour doter toutes les écoles du pays de protections hygiéniques, afin qu'aucune écolière ne rate plus l'école lorsqu'elle a ses règles, parce qu'elle n'a pas les moyens de s'acheter ces protections. Cette précarité menstruelle toucherait 95.000 filles âgées de 9 à 18 ans dans le pays, a déclaré la Première ministre Jacinda Ardern, relayée par Reuters.

"Les règles sont une réalité pour la moitié de la population, les produits de règles sont une nécessité, et aucune jeune ne devrait manquer l'école parce qu'elle n'a pas accès aux produits pour les règles", a tweeté la ministre des Femmes Julie Anne Genter mercredi.

Ce plan national commencera d'abord avec une expérimentation qui débutera en juillet dans 15 écoles de la région de Waikato, explique la ministre, ajoutant que dès l'année prochaine, ce système sera étendu à toutes les écoles publiques du pays.

Un plan contre la pauvreté

Cette mesure fait partie du plan plus global contre la pauvreté à hauteur de 2,6 millions de dollars néo-zélandais (1,5 million d'euro) annoncé le mois dernier, explique Reuters.

Le média néo-zélandais RNZ rappelle les conclusions d'une étude, parue en février 2020. Selon les chercheurs, "12% des élèves néo-zélandaises de 9 à 13 ans ayant leurs règles ont déclaré avoir des problèmes pour obtenir des produits menstruels à cause de leur prix". Ce chiffre est quatre fois plus élevé pour les élèves appartenant aux communautés les plus pauvres.

Outre les absences à l'école, le risque du manque de protections hygiéniques est que les jeunes filles bricolent elles-mêmes des protections avec des produits toxiques, ou gardent en elles une protection plus longtemps que recommandé, ce qui peut entraîner des chocs toxiques.

"Une nécessité, pas un luxe"

Lors de l'annonce de ce plan, Julie Anne Genter a remercié les chercheurs et militants qui ont contribué à pointer du doigt le problème de la précarité menstruelle à l'école. "Les menstruations sont une réalité pour la moitié de la population et l'accès à ces produits est une nécessité, pas un luxe", a-t-elle déclaré.

En France, quelques universités ont commencé à distribuer des protections hygiéniques gratuites, et la secrétaire à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa a proposé une expérimentation de distribution gratuite de ces produits dans plusieurs lieux publics. En Ecosse, le Parlement a adopté en février dernier une loi qui instaure la distribution, à qui le demande, des serviettes hygiéniques et des tampons sans avoir rien à débourser.

Salomé Vincendon