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Précarité menstruelle: des universités proposent désormais des protections hygiéniques gratuites

Image d'illustration tampon hygiénique

Image d'illustration tampon hygiénique - iStock - MichalLudwiczak

Pour cette nouvelle année scolaire, Rennes 2 et La Sorbonne proposeront à leurs étudiantes des distributeurs de protections hygiéniques gratuites, afin de lutter contre la précarité menstruelle.

La gratuité des protections hygiéniques arrive petit à petit dans les universités. Pour le retour des étudiants à la faculté, la Sorbonne parisienne et Rennes 2 ont lancé des programmes de gratuité des protections hygiéniques.

D'après une étude relayée par la mutuelle étudiante LMDE, une femme utilise en moyenne 22 tampons ou serviettes hygiéniques par cycle menstruel, "ce qui représente 1500 à 2000 euros de budget au cours de sa vie et c'est sans compter les antidouleurs, les sous-vêtements...". Une dépense difficile à assumer pour les plus précaires, dont font partie beaucoup d'étudiantes.

Les fonds participatifs étudiants à contribution

Du lundi 9 septembre au vendredi 13 septembre, Rennes 2 lance ainsi "une grande opération de distribution gratuite de protections périodiques sur tous ses campus", explique le communiqué de l'université. "Cette distribution vise à lutter contre la précarité menstruelle à laquelle certaines personnes sont confrontées", est-il écrit.

9000 kits de 18 serviettes ou tampons "bio et sans plastique" ainsi que 1300 cups et serviettes réutilisables seront distribués sur le campus. Des distributeurs de protections hygiéniques gratuites seront peu à peu aménagés dans les locaux de l'université au cours de l'année. Cette revendication était arrivée en tête du dernier budget participatif étudiant, et sera d'ailleurs financée par le fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) et la contribution vie étudiante et de campus (CVEC).

Pour cette rentrée 2019, le budget participatif des étudiants de la Sorbonne va également financer la "mise en place de distributeurs de protections périodiques gratuites sur l'ensemble des centres de Sorbonne Université", écrit la Brigade des actions féministes en faveur de l’égalité (Baffe).

Mais Manon, militante de la Baffe regrette auprès de StreetPress d’avoir dû recourir au budget participatif, donc aux étudiants, pour ce dossier:

"Ce sont des choses qui devraient être prises en charge par les services de médecine universitaire", selon elle.

De précédentes initiatives pour les étudiantes

En janvier dernier, l'Université de Lille avait été la première faculté de France à offrir des tampons et serviettes hygiéniques à ses étudiantes, rapportait alors La Voix Du Nord. En avril 2018, la mutuelle étudiante LMDE avait annoncé qu'elle remboursait désormais une partie des protections hygiéniques de ses adhérent(e)s, à hauteur de 20 à 25 euros par an.

La maire PS du 10e arrondissement avait également annoncé en mars dernier que toutes les collégiennes auraient le droit à des protections hygiéniques gratuites bio dans leurs établissements, pour la rentrée 2019-2020. En mai, le gouvernement avait annoncé réfléchir à une mission relative à l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques dans les établissements scolaires mais aussi les hôpitaux ou les prisons.

Salomé Vincendon