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La jihadiste Emilie König assure être "traitée correctement" par ses geôliers

La jihadiste française Émilie König, arrêtée en décembre en Syrie

La jihadiste française Émilie König, arrêtée en décembre en Syrie - Image -YPG Press Office

Dans une vidéo diffusée samedi, Émilie König, une jihadiste française arrêté en décembre par des groupes combattants kurdes, a assuré être "traitée correctement" par ses geôliers. Recherchée par les services secrets de plusieurs pays, elle est accusée d'avoir recruté près de deux-cent personnes pour Daesh.

La jihadiste française Emilie König, arrêtée en décembre en Syrie et détenue par des combattants kurdes, a assuré dans une vidéo diffusée sur Youtube, être "traitée correctement" par ses geôliers, des membres des YPG, les unités de protection du peuple, la branche armée du Parti de l'union démocratique kurde.

En pull, maquillée, les traits tirés et la mine fatiguée, la jihadiste française est revenue sur ses conditions de détention et son parcours depuis son arrestation. Âgé de 33 ans et mère de cinq enfants, dont trois sont nés en Syrie et se trouvent avec elle, Emilie König a répété plusieurs fois être bien traitée par les forces Kurdes.

"Depuis mon arrestation je n’ai pas eu de problèmes, on m’a toujours traité correctement, on m’a apporté à manger à boire, des cigarettes... Je n’ai pas subi d’injustice", a-t-elle assuré.

Recherchée par les services secrets de plusieurs pays

Cette vidéo de trois minutes, diffusée par l'organe de presse des YPG, fait échos aux propos de la mère d'Émilie König largement repris par les médias français, qui assurait le 2 janvier que sa fille était torturée pendant sa détention: "J’ai eu Émilie au téléphone en fin de semaine dernière. Détenue dans un camp kurde, elle a été interrogée et torturée", expliquait-elle au journal Ouest-France. Des propos démentis par sa fille elle-même, dans la vidéo diffusée lundi.

"J’ai entendu les femmes de Daesh dire qu’il y avait beaucoup d’injustice que les YPG tapaient les femmes de Daesh. J’ai appelé ma mère pour lui dire qu’on allait nous priver de beaucoup de choses. Je suis arrivé au second camp et j’ai découvert le contraire", explique Émilie König dans la vidéo, dont une version en arabe a également été publiée.

Partie faire le jihad en Syrie en 2012, Émilie König était activement recherchée par les services secrets américains, soupçonnée d'avoir recruté près de deux-cent femmes pour Daesh. En France, Émilie König est visée par une enquête sur le départ en Syrie d'une dizaine de personnes de la région de Nîmes. En septembre 2015, elle a été la première femme inscrite par les États-Unis sur leur liste noire des terroristes internationaux. Elle était activement recherchée par les services secrets de nombreux pays. 

Le 2 janvier dernier, deux femmes jihadistes avaient écrit au Président de la République, demandant à la France "de [les] rapatrier", et décrivant des conditions de détention "inadmissibles". Elles demandent à être jugées en France, assurant être prêtes à "assumer leurs actes".

Guillaume Dussourt