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L'UE et le FMI vont venir en aide à l'Irlande

Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen (à gauche) à côté du ministre des Finances, Brian Lenihan. L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont accepté dimanche de venir en aide à l'Irlande pour lui permettre de redresser ses comptes publ

Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen (à gauche) à côté du ministre des Finances, Brian Lenihan. L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont accepté dimanche de venir en aide à l'Irlande pour lui permettre de redresser ses comptes publ - -

par Jodie Ginsberg et Jan Strupczewski BRUXELLES/DUBLIN (Reuters) - L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont accepté dimanche de...

par Jodie Ginsberg et Jan Strupczewski

BRUXELLES/DUBLIN (Reuters) - L'Union européenne et le Fonds monétaire international ont accepté dimanche de venir en aide à l'Irlande pour lui permettre de redresser ses comptes publics et de soutenir son secteur bancaire, l'objectif étant aussi d'éviter une propagation de la crise dans la zone euro.

L'Irlande a officiellement demandé dimanche soir cette aide financière internationale, ce qui constituera le deuxième renflouement d'un pays de la zone euro en un an, après celui de la Grèce en mai dernier.

"Les autorités européennes ont accédé à notre demande", a déclaré dans la soirée le Premier ministre irlandais, Brian Cowen. "J'espère que l'accord sera finalisé prochainement, dans les semaines à venir".

Le montant de l'aide financière qui sera débloqué par l'UE et le FMI devra être négocié, mais il est vraisemblable qu'il sera inférieur à celui du plan de renflouement de la Grèce, évalué à 110 milliards d'euros.

"Je dirais que nous parlons d'une somme comprise entre 80 et 90 milliards d'euros", a-t-on déclaré de source européenne haut placée, à Bruxelles, en ajoutant que cette somme comprendrait des fonds destinés à soutenir le secteur bancaire irlandais.

Des experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI devront boucler d'ici la fin novembre un plan de prêts à l'Irlande, qui sera échelonné sur trois ans, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

"Accorder une aide à l'Irlande est justifié par le besoin de préserver la stabilité financière de l'Europe", a dit Rehn à Reuters.

"Le plan en préparation devra répondre de façon décisive aux défis budgétaires de l'économie irlandaise et aux besoins potentiels en capitaux à l'avenir dans le secteur bancaire", a-t-il ajouté.

LE PORTUGAL ESPÈRE UN APAISEMENT

La Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de la zone euro, fournira une aide bilatérale de 8,15 milliards d'euros, au titre de l'assistance à "un ami dans le besoin".

Les dirigeants européens craignent que les problèmes de l'Irlande ne se propagent à d'autres membres de la zone euro ayant un déficit budgétaire important, comme l'Espagne ou le Portugal, menaçant l'UE d'une crise systémique.

Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a jugé que la décision de l'Irlande de réclamer une aide financière était susceptible d'apaiser les marchés.

Le département américain du Trésor a salué la décision irlandaise et souligné que les Etats-Unis allaient "continuer à collaborer étroitement avec nos homologues européens et le FMI pour renforcer la stabilité des marchés et la reprise mondiale."

PLAN D'AUSTÉRITÉ

Brian Cowen a indiqué dimanche soir que le gouvernement irlandais allait annoncer désormais un plan d'austérité sur quatre ans, qui visera à réduire le déficit budgétaire de 15 milliards d'euros d'ici 2014.

"La prochaine étape dans le processus sera la publication du plan de quatre ans du gouvernement (irlandais) pour résoudre les problèmes des finances publiques", a poursuivi Cowen.

L'objectif assigné à l'Irlande est de ramener son déficit budgétaire à 3% du PIB en 2014.

Selon la ministre irlandaise du Tourisme, Mary Hanafin, ce plan sera dévoilé mercredi.

Selon des médias irlandais, les mesures d'austérité devraient comprendre une nouvelle taxe foncière, une réduction du salaire minimum, des allocations familiales et des indemnités aux demandeurs d'emploi. Certaines exonérations fiscales dont bénéficient les hauts revenus pourraient également être supprimées.

Lors d'une conférence de presse, le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, a exlu toute augmentation de l'impôt sur les sociétés, dont la faiblesse est une source de tensions avec d'autres pays européens.

Il a déclaré que la taille des banques irlandaises, fragilisées par l'éclatement de la bulle immobilière, serait probablement réduite et qu'elles pourraient devoir envisager la cession d'actifs non-essentiels.

L'officialisation de la demande d'aide irlandaise est intervenue alors que de plus en plus de voix souhaitent la démission du gouvernement.

Les critiques ne viennent désormais plus seulement de l'opposition et l'unité de Brian Cowen, le Fianna Fail, se lézarde tandis que la presse relaye l'inquiétude grandissante des Irlandais.

"Vous avez menti, vous nous avez laissé tomber. Pour le salut de l'Irlande, partez maintenant", réclame le Sunday Independent en une.

Le mécontentement populaire s'est accentué au cours de la semaine dernière, l'opinion publique reprochant au gouvernement sa communication sur la question de la crise. A plusieurs reprises, le gouvernement a assuré qu'il n'y avait aucune négociation alors que des discussions informelles se déroulaient.

Nicolas Delame, Eric Faye et Bertrand Boucey pour le service français